Strasbourg

Implantation

Technologies médicales : Un campus strasbourgeois à la pointe

Par Lucie Dupin, le 08 janvier 2016

Reconnue par le label French Tech, la spécialisation de l'Alsace dans les technologies médicales va passer à une étape supérieure en 2016 avec le lancement officiel du campus des technologies médicales à Strasbourg. Un projet à un milliard d'euros qui vise l'implantation de 50 entreprises d'ici 2020.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

2016 se profile comme l'année des technologies médicales à Strasbourg. Et tout se joue en plein coeur du centre-ville, sur le périmètre des Hospices civils de Strasbourg. C'est là que se trame le devenir de la recherche médicale en Alsace. Le projet de campus Next Med, ou campus des technologies médicales, est piloté par l'Eurométropole en partenariat avec l'Université de Strasbourg, le pôle de compétitivité Alsace BioValley et les Hôpitaux universitaires de Strasbourg/HUS. Celui-ci vise à réunir sur un même lieu les conditions et les acteurs pour faire émerger les technologies thérapeutiques de demain. L'accueil des entreprises de l'innovation médicale, associé à la concentration de chercheurs, doit faire émerger les dispositifs médicaux utilisés par le corps médical pour le traitement des patients. L'Eurométropole vient ainsi d'acquérir auprès des HUS trois hectares de foncier pour y construire un technoparc pour attirer ces entreprises. Le but de la manoeuvre ? « D'ici cinq ans, 50 entreprises devraient s'implanter et générer 2.000 emplois. 1 Mld ? auront été investis par le public et le privé. Quand on pense à Strasbourg, il faut arrêter d'y voir une image d'Épinal. C'est une ville d'avenir et d'humanisme. C'est ici que sont développées les technologies au service du bien-être de l'être humain » estime Nicolas Pellerin, chef du service enseignement supérieur de l'Eurométropole.




Une spécialisation stratégique

L'IHU, institut hospitalo-universitaire, faisant appel à la technologie guidée par l'image sera quant à lui inauguré sur le campus en juin 2016. Ce bâtiment aux 40 M€ d'investissements a été inscrit en 2011 dans les « investissements d'avenir » dans le cadre du grand emprunt. Outre les collectivités, de grands noms de l'industrie ont mis la main à la pâte pour le financement des équipements intérieurs, comme Siemens, Karl Storz et Dräger Medical. « Siemens est l'entreprise qui investit le plus dans le domaine médical à Strasbourg. Il faut convaincre pour faire venir ici. L'atout de la région, c'est qu'en Alsace, on fait ce que l'on dit. Il y a une confiance à travailler ici » estime le professeur Marescaux, impliqué dans le projet de campus. La 1e phase du campus a été lancée en 2012 et inscrite comme une des priorités de Strasbourg Éco 2020, feuille de route du développement économique de l'agglomération. Quelque 1.000 emplois et une vingtaine de startup sont déjà nés du transfert de technologie créé sur le campus avec l'interaction de la recherche, des industriels et des besoins des patients. « Contrairement à des médicaments dont le développement nécessite une quinzaine d'années avant une mise sur le marché, les dispositifs médicaux, comme par exemple les larynx artificiels développés par la startup Protip Medical, permettent un retour sur investissement plus court, de 3 à 5 ans » explique Nicolas Pellerin pour justifier la spécialisation strasbourgeoise dans les dispositifs médicaux. Et cela a porté ses fruits puisque le label French Tech a été décerné à l'Alsace par l'État pour son volet Med Tech en juin dernier.




Des établissements de santé à la pointe

Pour appuyer ce campus, Strasbourg compte une université classée dans le top 100 au niveau mondial avec 3 prix Nobel encore en activité ainsi qu'un établissement de pointe depuis 20 ans, l'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestifs, l'Ircad dirigé par le professeur Marescaux. L'Ircad 2 a été inauguré en juin et dispose de robots et de plateaux destinés à la formation de plus de 5.000 chirurgiens par an. L'établissement y accueille aussi des industriels de renom puisque les américains Medtronic (CA : 27 Mld $) et Intuitive Surgical y ont élu domicile. « Il s'agit de la concrétisation de 21 années de travail depuis l'Ircad 1. Cette deuxième phase est stratégique car elle vise à attirer les géants industriels. C'est une source de transfert de technologie et l'une des pierres angulaires du campus Next Med » poursuit le professeur Marescaux. Celui-ci est également à l'initiative du biocluster des Haras qui abrite sur ce campus une dizaine de startup telles Visible Patient, spin off de l'Ircad. Celle-ci est spécialisée dans la modélisation 3D de l'anatomie pour assister les opérations de chirurgie.




Une particularité européenne

Le campus Next Med s'inscrit dans un terreau plus large et favorable au développement des technologies médicales porté en Alsace par le pôle de compétitivité Alsace Biovalley. Ce tissu industriel s'étire sur le Bade-Wurtemberg et sur le canton de Bâle en Suisse. Sur 250 km, on dénombre près de 600 entreprises des sciences de la vie, 15.000 chercheurs et 50.000 emplois. Pas étonnant alors que le directeur d'Alsace Biovalley, Didier Frommweiler qualifie ce territoire de « Boston à l'européenne ». Début décembre, la convention d'affaires Biofit, rendez-vous des technologies médicales organisée par Alsace Biovalley et le pôle Eurasanté de Lille, a d'ailleurs attiré à Strasbourg près de 1.200 congressistes.

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