Vaucluse

Industrie

Pellenc vise les 450 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2023

Par Nathalie Bureau du Colombier, le 29 mai 2019

Leader mondial des machines à vendanger, la société Pellenc, dans le Vaucluse, se diversifie dans l’entretien des espaces verts et le tri sélectif. Pellenc, qui réalise 132 M€ de chiffre d'affaires, s’est hissée au rang d’ETI avec comme objectif de franchir le cap des 450 M€ de chiffre d’affaires d’ici à 2023.  

L'usine Pellenc
Une machine à vendanger sur deux vendue dans le monde vient de Pertuis. — Photo : NBC

Surnommé « Roger l’inventeur » par ses camarades de classe, agriculteur de père en fils depuis dix générations à Pertuis, Roger Pellenc n’a qu’une idée en tête : réduire la pénibilité du travail agricole. Avide de découvertes, il goûte à l’ivresse de la création d’entreprise en 1973, en fondant à Pertuis, dans le Vaucluse, le groupe qui porte son nom. À l’époque, il conçoit dans son hangar ses premiers matériels pour faciliter le travail de la vigne.

Quarante-six ans plus tard, le catalogue Pellenc renferme plus de 300 produits, du petit outillage de 700 grammes (sécateurs, taille-haies, tronçonneuses…) aux machines de 11 tonnes (vendangeuses, trieuses, pressoirs…). L’entreprise compte 1 700 salariés et a réalisé 132 M€ de chiffre d’affaires en 2017. Pellenc est devenu un groupe mondial, constitué de 19 filiales (Slovaquie, Chine, en France…) et 2 000 distributeurs.

Entre flair et opportunités, Pellenc n’a cessé d’asseoir sa présence dans les régions viticoles et oléicoles mondiales (Australie, Nouvelle-Zélande, Californie, Chili, Italie, Afrique du Sud, Maroc, Espagne…). Une machine à vendanger sur deux vendue dans le monde vient de Pertuis (578 fabriquées en 2018). Conçus en Slovaquie par Pellenc SRO, les châssis et cabines sont acheminés à Pertuis. En Italie, Volentieri Pellenc, joint-venture créée en 1999, fabrique des machines à vendanger spécifiques pour le nord de l’Italie. Chaque année, 100 000 moteurs sortent de l’usine Pellenc China pour équiper les matériels électroportatifs.

La quête du repreneur idéal

« Je suis arrivé sur le marché au bon moment. Il n’y avait pas de mécanisation, les activités agricoles étaient consommatrices de main-d’œuvre. J’ai créé ma première filiale il y a 30 ans en Australie. Là encore, ce fut une opportunité, tout comme en Turquie ou au Maroc », raconte Roger Pellenc, aujourd’hui président d’honneur du groupe qu’il a cédé en 2017.

« N’ayant pas d’enfant, j’étais très courtisé, notamment par les groupes financiers que je voyais d’un mauvais œil pour la pérennité de l’entreprise. Je recherchais un repreneur industriel », raconte Roger Pellenc qui croit trouver en John Deere, son client, le partenaire idéal. Mais le projet de reprise échoue, le groupe américain étant adossé à la tristement célèbre banque Lehman Brothers, disparue en septembre 2008.

Roger Pellenc se rapproche alors de la famille Despature, via la holding Edify, propriétaire de Damart puis de Somfy en 2016. « Nous avons les mêmes valeurs. Nous avons commencé par des fiançailles en 2015 et j’ai conservé l’usufruit de l’entreprise jusqu’en 2017 », détaille Roger Pellenc. Un changement dans la continuité, Edify, détenteur de la totalité des titres, ayant conservé le management incarné par Jean-Pierre Pettavino et Jean-Marc Gialis, les deux fidèles lieutenants de Roger Pellenc. Leur stratégie continue de reposer sur leur slogan « de la vigne à la cave », tout en se positionnant de plus en plus dans l’arboriculture fruitière.

La diversification dans le recyclage et les espaces verts

« Avec une croissance annuelle de 12 à 13 % par an, nous devrions atteindre 450 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Pour notre actionnaire, nous avons encore des gisements de croissance et d’amélioration de notre résultat à travers l’assainissement de nos stocks », annoncent les deux dirigeants.

Misant sur l’innovation produit - 15 M€ sont investis chaque année dans la R&D, l’entreprise s’attache également à améliorer son service après-vente. « Notre taux de service atteint désormais 98 %. Une machine à vendanger ne doit pas rester immobilisée plus de 24 heures. Chaque heure compte. Nous proposons également des machines d’occasion et un service de location avec chauffeur. Nous devenons des prestataires de service », précise Jean-Pierre Pettavino.

Mais, pour Jean-Pierre Pettavino et Jean-Marc Gialis, toute la croissance de Pellenc ne proviendra pas de la vigne. En 2025, les deux dirigeants estiment que la viticulture représentera 60 % du chiffre d’affaires du groupe. Pellenc se diversifie en effet dans la fabrication de matériel pour l’entretien des espaces verts et le tri sélectif. Un virage amorcé en 2001. À l’époque, Roger Pellenc crée Pellenc ST, une filiale dans laquelle il déploie le savoir-faire acquis dans le secteur viticole au tri sélectif. Réalisant des machines pour l'industrie du recyclage, cette structure emploie 180 personnes et réalise 50 M€ de chiffre d’affaires.

Pellenc Energy, nouvelle start-up

Quant à Roger Pellenc, du haut de ses 74 printemps, il a conservé la fougue du créateur. En 2017, il fonde Pellenc Energy, une start-up vouée aux activités de R&D sur les batteries et signe un accord d’exclusivité avec Pellenc SAS. « Notre objectif porte sur le doublement de la capacité de stockage des batteries », raconte Roger Pellenc.

Maire de Pertuis depuis 2014, il est également vice-président du conseil de territoire du Pays d’Aix, chargé de l’économie, des nouvelles technologies et de l’enseignement supérieur.

L'usine Pellenc
Une machine à vendanger sur deux vendue dans le monde vient de Pertuis. — Photo : NBC

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