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Sharvy accompagne la transformation du travail au sein des grands comptes

Par Anthony Rey, le 10 octobre 2022

La start-up montpelliéraine Sharvy, spécialiste des espaces partagés en entreprise, passe un cap de croissance. Entrée en phase de développement international, elle se positionne sur les appels d’offres pluriannuels ouverts par les grands comptes pour personnaliser les lieux de travail.

Alexandre Michel et Stéphane Seigneurin ont cofondé Sharvy à Montpellier en 2018.
Alexandre Michel et Stéphane Seigneurin ont cofondé Sharvy à Montpellier en 2018. — Photo : Sharvy

La croissance de la start-up Sharvy (15 salariés, CA 2021 : 1 M€), depuis sa naissance en 2018 à Montpellier sous le nom de MyCarSpot, illustre à sa façon la transformation accélérée du monde du travail en période pré et post-Covid. Créatrice d’une application pour la gestion partagée des parkings, elle a peu à peu élargi son prisme à tous les espaces partagés en entreprise : bureaux, postes de travail, salles de réunion, cantine, etc. "Depuis la crise sanitaire, les grands groupes ont une problématique de télétravail, qui s’est énormément développée. Les locaux d’entreprise se transforment en espaces de travail plus collaboratifs. C’est une évolution qu’il faut rationaliser, contrôler, et nous fournissons une solution qui permet de personnaliser les lieux de travail en conséquence", explique Stéphane Seigneurin, PDG et cofondateur de Sharvy aux côtés d’Alexandre Michel.

Une offre en évolution constante

Après une levée de fonds de 1,2 million d’euros réussie fin 2020, la start-up poursuit sa propre structuration en intégrant de nouveaux locaux à Montpellier, qui lui permettent de doubler sa superficie. Elle a par ailleurs embauché 5 personnes en 2022, et prévoit de rester sur le même rythme de 5 créations de postes par an. Sharvy se renforce notamment en R & D, afin de pouvoir faire évoluer son produit en permanence. Ainsi, en juin dernier, elle a signé un partenariat avec la société parisienne Karos, qui édite une application de covoiturage pour les trajets quotidiens domicile/travail : les interfaces de deux solutions communiquent entre elles de façon transparente.

Prochainement, Sharvy prévoit aussi d’améliorer, dans son propre produit, la gestion des salles de réunion en intégrant les calendriers de la suite Microsoft Office, et d’implémenter un système de serrures connectées pour les salles de coworking. "La gestion des espaces de travail devient notre principal axe de croissance, loin devant notre offre initiale pour la gestion des parkings, ce qui implique de renforcer nos équipes techniques", commente Stéphane Seigneurin.

L’enjeu des marchés multisites

Sur le plan commercial, Sharvy est parvenue à l’équilibre en 2022, avec un chiffre d’affaires d’un million d’euros, qu’elle projette en hausse d’un million supplémentaire par an en 2023 et 2024. L’entreprise gère un portefeuille de 200 entreprises clientes dans le monde, dont 75 grands comptes. Parmi ses références figurent Vinci, Nestlé, Onet, Lagardère, EDF… La start-up montpelliéraine jouit désormais d’une visibilité suffisante auprès de ce type de cibles pour pouvoir répondre à des appels d’offres plus importants. Les marchés qu’elle convoite sont souvent conclus sur des durées de trois à cinq ans, pour des lots pouvant atteindre 15 000 postes de travail et 8 000 places de parking, répartis dans une organisation multisites au sein du groupe adjudicateur.

Pour appuyer cette croissance, Sharvy se développe aussi à l’international, qui représente à ce jour 30 % de son activité. Après la création d’une filiale aux États-Unis, elle vient de lancer des recrutements au sein d’un bureau en Espagne. À court terme, son ambition est de rayonner sur les pays européens limitrophes. En effet, sur un marché concurrentiel "où les nouveaux entrants sont très nombreux" selon Stéphane Seigneurin, Sharvy veut aller vite. Le dirigeant imagine deux stratégies possibles : poursuivre les partenariats technologiques afin de convaincre les clients désireux d’acheter une offre unifiée, ou bien procéder par croissance externe, en rachetant d’autres start-up. "Dans les deux cas, nos partenaires devront partager la même philosophie que nous : rester indépendants des grands groupes, afin de conserver notre agilité et notre capacité à innover", imagine-t-il.

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