Deux-Sèvres

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Poujoulat en position de conquête après une année historique

Par Charlotte de Saintignon, le 14 novembre 2023

L’ETI deux-sévrienne Poujoulat achève une année historique en termes d’activités et poursuit un cycle d’investissements inédits, ponctués de rachats et de modernisation de sites pour répondre à un marché bois-énergie glouton. Convaincu du potentiel de croissance, le groupe vise 600 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2026-2027.

Frédéric Coirier, PDG Poujoulat, estime avoir quasiment doublé les activités du groupe au cours des trois dernières années.
Frédéric Coirier, PDG Poujoulat, estime avoir quasiment doublé les activités du groupe au cours des trois dernières années. — Photo : Piotr Gesicki

Poujoulat a "changé de dimension", selon les mots de son PDG. Lauréat à trois reprises de France Relance, le groupe niortais, leader en Europe de la fabrication de conduits de cheminées et producteur de bio combustibles bois, a investi à "des niveaux inédits" ces dernières années et prévoit de poursuivre en 2024.

75 millions d’euros, dont 60 en France, ont ainsi été investis entre 2021 et 2023 pour faire face à la hausse des sollicitations de ses sites français. "On a tourné en 3x8, voire en 5x8. Nous avons décidé d’augmenter nos capacités de production de 30 voire 50 %", explique Frédéric Coirier.

Afin de consolider ses marques Woodstock et Crépito dans le Grand Ouest et sa branche bois-énergie, Poujoulat (402 M€ de CA sur l’exercice avril 2022/mars 2023, 1 750 collaborateurs) a acquis en juillet l’entreprise Bois Bûche Nord Atlantique (Loire-Atlantique) spécialisée dans la fabrication et la distribution du bois-bûche et granulés. Comme pour ses propres usines, le groupe prévoit d’en doubler la capacité de production (aujourd’hui quelque 20 000 stères) dans les deux ans. C’est la quatrième acquisition de Poujoulat dans le secteur, après celles de la Bûche Forestière et de la Soccem (Sarthe) en juillet 2022 et de Bois Bûche Centre Atlantique (Indre) en juillet 2021.

Le groupe a également finalisé son investissement à hauteur de 30 millions d’euros dans son nouveau site de production automatisée de bois de chauffage Bois Factory 70 (Haute-Saône).

20 millions d’euros et "un énorme potentiel de croissance"

Le PDG ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, d’autant plus que les bons résultats affichés par sa branche bois-énergie "permettent de financer les investissements et le développement sur les deux prochaines années".

Avec une enveloppe estimée à 20 millions d’euros pour 2024, le groupe va développer de nouveaux sites de production avec un projet d’usine dans la Sarthe. "Nous allons continuer à investir sur nos différents secteurs d’activité et regarder les potentielles croissances externes." Pour le PDG, il reste de la marge de manœuvre puisque Poujoulat ne couvre qu’1 % du marché français. "Il y a un énorme potentiel de croissance, notamment par la professionnalisation du marché : il est estimé à 35 millions de stères par l’Ademe quand nous en produisons 400 000."

Le groupe termine l’exercice 2022-2023 avec "une année historique en termes d’activité", enregistrant une progression de son chiffre d’affaires de 33 % (il était de +25 % l’année précédente), soit "un quasi-doublement d’activité sur les trois dernières années".

L’export pour compenser la crise du neuf

Avec 4 % de croissance au premier semestre 2023 sans effet prix, le PDG explique que si "2023-2024 est une année de transition et de stabilisation après deux années de croissance très forte, un redémarrage est prévu sur 2024-2025". L’objectif étant d’atteindre les 600 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026-2027.

Seule ombre au tableau, " la crise du logement neuf. Si les effets ne sont pas encore notables, on sent que les réalisations vont baisser à partir de 2024", prévient le PDG.

Autre axe de développement, l’export. Sur le secteur conduits et cheminée, le groupe espère consolider son développement à l’international, essentiellement en Europe. "L’enjeu est de nous développer via de nouveaux distributeurs, en comptant sur nos filiales et éventuellement par voie de croissance externe. On est en position de conquête", conclut le dirigeant.

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