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Domofrance veut construire 10 000 logements d'ici 2028 mais réduit ses investissements

Par Caroline Ansart, le 22 novembre 2023

Domofrance a présenté son nouveau plan stratégique 2024-2028. Le bailleur social et promoteur bordelais annonce son ambition de construire 10 000 nouveaux logements et d’en réhabiliter 5 000. Mais il reconnaît subir lui aussi la crise et réduire ses investissements faute de fonds propres.

Le 16 novembre, Francis Stéphan, DG de Domofrance, Philippe Rondot, président de Domofrance, Mathias Saura, président du Medef Gironde, et François Perrin, président du Medef Nouvelle-Aquitaine, ont présenté le plan stratégique de l'entreprise pour 2024-208, baptisé "Vivant".
Le 16 novembre, Francis Stéphan, DG de Domofrance, Philippe Rondot, président de Domofrance, Mathias Saura, président du Medef Gironde, et François Perrin, président du Medef Nouvelle-Aquitaine, ont présenté le plan stratégique de l'entreprise pour 2024-208, baptisé "Vivant". — Photo : Caroline Ansart

D’ici 2028, Domofrance projette de construire 1 700 logements par an en locatif, 300 en accession à la propriété, et d’en réhabiliter 1 000 chaque année. C’est "ambitieux", estime la direction, mais peu au regard des besoins (66 000 rien que sur la Gironde). Filiale d’Action Logement (donc bénéficiaire et redevable du 1 % patronal), Domofrance a pourtant les reins plus solides que nombre de bailleurs privés qui subissent de plein fouet le coup de frein de la construction. Forte de 733 collaborateurs sur 13 sites, l’entreprise a généré 261 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022, table sur environ 300 millions pour 2023 et compte honorer du mieux possible ses missions : loger les salariés (57 % des attributions de logements sociaux en 2022) et les exclus du marché.

Manque de fonds propres

Le bailleur, "premier producteur de logements sur la région" dit-il avec 47 000 logements, investit ainsi 3,5 milliards d’euros pour les dix prochaines années. Là encore c’est beaucoup, mais moins que le dernier montant annoncé il y a cinq ans, de 4 milliards. "Nous devons freiner compte tenu de la conjoncture. Nous n’aurons pas suffisamment de fonds propres pour accompagner le phénomène de la crise et de la décarbonation", analyse son président Philippe Rondot. "Il nous faudrait vendre 300 à 350 HLM par an, mais c’est impossible pour du social dans des zones en deçà du quota de la loi SRU", autrement dit dans la majorité des communes. "Nous devons trouver d’autres leviers de croissance", confirme Francis Stéphan, le directeur général.

Neutralité carbone

D’où notamment le déploiement de logements locatifs dits "intermédiaires" à mi-chemin entre les prix du social et du privé. Ils représenteront 15 % des logements locatifs et échappent à la réglementation stricte imposée à la vente de HLM. "C’est aussi pour fluidifier la rotation", justifie Francis Stéphan. "Aujourd’hui, il est d’environ 7 % pour les logements sociaux, le plus bas depuis 40 ans. Des logements intermédiaires encourageront ceux qui le peuvent à libérer les HLM, répondront à la classe moyenne et réduiront la file d’attente." Domofrance mise aussi sur le bail réel solidaire (BRS), dispositif d’accession à la propriété qui dissocie le foncier du bâti.

Dans son plan stratégique 2024-2028, le promoteur ne perd pas de vue son objectif ultime de la neutralité carbone pour 2050 - "nous souhaiterions 2040", glisse même la direction. Il y consacrera 700 millions d’euros sur dix ans pour éradiquer les étiquettes G (2024), F (d’ici 2027), E et D (d’ici 2030).

Défaillances et appels d’offres

En attendant des jours meilleurs, Domofrance comme tous les acteurs du secteur doit composer. "Nous avons des retards sur les chantiers, voire des chantiers qui ne démarrent pas", avoue Francis Stéphan. Autant de loyers qui n’entrent pas dans les caisses. "Nous sommes confrontés à des défaillances d’entreprises, à des appels d’offres qui ne trouvent pas preneurs en raison des prix, à des opérations mixtes qui ne débutent pas."

Pour autant, leurs projets sont attendus de pied ferme par les entreprises. "Certaines d’entre elles veulent recruter des centaines de salariés mais c’est mission impossible parce qu’elles sont dans des zones en hypertension. C’est le cas de Safran à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), d’Alstom à La Rochelle, de Sicav à Pompadour (Corrèze)", liste François Perrin, président du Medef Nouvelle-Aquitaine. "Dans ces territoires, il faut du logement social."

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