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Touché par la crise, le port de commerce de Caen-Ouistreham mise sur de nouvelles activités

Par Isabelle Evrard, le 27 janvier 2022

Si 2021 restera une année difficile pour le port de Caen-Ouistreham, touché par la pandémie de Covid-19 et le Brexit, il a néanmoins enregistré de nouveaux trafics industriels.

Erick Bocq, membre du bureau en charge des équipements portuaires; Antoine de Gouville, directeur des ports; Manuel Le Roux, président de la CCI Caen Normandie.
Erick Bocq, membre du bureau en charge des équipements portuaires; Antoine de Gouville, directeur des ports; Manuel Le Roux, président de la CCI Caen Normandie. — Photo : CCI Caen

Après une année 2020 fortement touchée par la crise sanitaire du Covid-19, le port de commerce de Caen-Ouistreham enregistre à nouveau un exercice difficile en 2021, notamment pour le trafic transmanche qui a connu "la pire année de son histoire", selon Antoine de Gouville, directeur des équipements portuaires à la CCI Caen Normandie. Le trafic transmanche depuis le port de Ouistreham (port aval) a connu sa pire année depuis l'ouverture de la ligne en 1986, avec seulement 256 523 passagers (- 14,5 % par rapport à 2020), et seulement 87 634 poids lourds (- 9,32 %).

Conjuguée à l'entrée en vigueur du Brexit au 1er janvier 2021, l'activité fret a, elle aussi, subi une dégradation de 15,7 % de son tonnage annuel et une baisse de 9 % en nombre de poids lourds avec 87 634 pièces de fret.

Les trafics agroalimentaires en souffrance

Pour le port amont (canal de Caen), l'année 2021 a été l'occasion de développer de nouvelles activités : paquebots à l'hivernage, mais aussi des nouveaux trafics pour un total de 19 000 tonnes (pneus broyés, terre, silice, sel et mélasse). Par ailleurs, hormis le secteur de l'agroalimentaire, le trafic du port amont progresse largement de plus de 65 % : une hausse soutenue par l'activité de la cimenterie de Ranville (80 000 tonnes), la litière pour chat (27 000 tonnes) et le bois (35 000 tonnes).

Ce sont les trafics agroalimentaires qui ont le plus souffert en 2021 avec 200 248 tonnes de céréales contre 370 000 tonnes en 2020 (- 46 %). "Cette baisse résulte notamment d'une moisson médiocre en 2020 et d'une moisson essentiellement fourragère en 2021, donc moins favorable à l'export", explique Antoine de Gouville.

De nouvelles activités industrielles en 2022

L'année 2022 s'annonce sous de meilleurs auspices pour le port de Caen, avec l'installation prochaine de l'usine de fabrication d'ailes Oceanwings de la start-up industrielle Ayro à l'origine d'une technologie de propulsion hybride éolienne pour le transport maritime. L'unité de production sera implantée en bord de canal sur les communes de Colombelles et Blainville-sur-Orne.

"Le port a été retenu pour son écosystème dynamique, son ouverture sur la mer et son positionnement central en Europe", se félicite le directeur. À terme, ce sont plus d'une centaine d'emplois sur le territoire normand qui sont annoncés par Ayro.

Autre atout du port de Caen, la présence de la société ITP-InterPipe sur le terminal portuaire de Ranville. Spécialisée dans l'assemblage des tubes terrestres et sous-marins hautement isolés thermiquement, l'entreprise a signé début 2022 le renouvellement de sa convention d'occupation pour quinze ans. "La société a prévu 10 millions d'euros d'investissements sur le site en fonction des contrats commerciaux qu'elle sera amenée à signer", annonce Antoine de Gouville, qui espère que 2022 verra "le retour de la fluidité des échanges avec un trafic revenu à la normale, ainsi que la consolidation des diverses activités et de l'attractivité du port".

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