Seine-Maritime

R&D

Le laboratoire Certam s'ouvre de nouveaux marchés en se diversifiant

Par Sébastien Colle, le 22 décembre 2020

Impacté par le ralentissement de l’activité automobile, le laboratoire du Certam, centre de recherche technologique sur la mobilité propre et la qualité de l’air basé à Saint-Etienne-du-Rouvray en Seine-Maritime, a orienté une partie de son activité vers la certification de masques. Le laboratoire espère également de nouveaux débouchés grâce à son outil de mesures de polluants embarqué dans les véhicules.

Avec son Pems-lab, outil de mesures de polluants embarqué dans les véhicules, Frédéric Dionnet, directeur général du Certam, vise un marché de plusieurs centaines d'unités.
Avec son Pems-lab, outil de mesures de polluants embarqué dans les véhicules, Frédéric Dionnet, directeur général du Certam, vise un marché de plusieurs centaines d'unités. — Photo : S.C

Savoir rebondir en ces temps de crise sanitaire est certainement l’une des clés pour passer la tempête économique. Le Certam (30 salariés ; 4 M€ de chiffre d'affaires), centre de recherche technologique sur la mobilité propre et la qualité de l’air, installé depuis 1990 sur le site du Madrillet à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), a choisi d’orienter une partie de son activité vers la certification de masques, suite à la chute des commandes en R & D du monde automobile, spécialité du laboratoire normand.

« L’activité automobile est très impactée par la crise, mais dès 2019, l’automobile a arrêté de passer des commandes. La diversification de nos activités est essentielle pour nous en sortir », assure Frédéric Dionnet, directeur général du Certam, qui précise avoir dû prendre des mesures pour « réduire les frais et maintenir les emplois ».

Recyclage industriel

Industrie du pétrole, maritime, mesures de polluants, aérosols pour les domaines du luxe et de la cosmétique : le laboratoire a trouvé des relais de croissance dans différents domaines. Dernièrement, pour répondre à la crise, il s’est positionné pour la certification de masques, après avoir répondu à l’appel d’offres de la Direction générale de l’armement (DGA). Une forme de recyclage industriel, puisque le Certam a adapté ses compétences et appareillages pour l’automobile aux masques grand public. « Nous sommes devenus tiers compétent pour l’État, pour caractériser les masques. Nous mesurons la respirabilité et le taux de filtration des masques qui nous sont envoyés. Pour cela, nous utilisons du matériel de filtration et aérosol particulaire que nous employons habituellement pour les filtres automobile », explique le directeur général.

Alors qu’ils ne sont que trois laboratoires à venir en support de la DGA, le Certam comptabilise déjà plus de 200 clients sur sa nouvelle activité de tests de masques, essentiellement des Français, mais aussi des clients en provenance de Pologne, Espagne, ou encore Taïwan… « Aujourd’hui, c’est un vrai relais de croissance avec 8 % de notre chiffre d’affaires ». Un marché d’opportunité qui offre une bouffée d’oxygène au Certam et ouvre des perspectives. « Ce nouveau marché nous permet de créer des liens avec de grands industriels du textile qui ont des besoins en équipements de protection individuelle et R & D. Et les retours d’expérience que nous engrangeons dans le domaine des masques nous nourrissent pour nos recherches autour des filtres à air automobile », se félicite Frédéric Dionnet.

"La diversification de nos activités est essentielle pour nous en sortir", Frédéric Dionnet, directeur général du Certam

Un banc de mesures de polluants reconnu par l’Europe

Le Certam n’en a pas pour autant abandonné son activité principale autour de l’automobile, en installant un banc d’essai moteur électrique pour les industriels, et surtout en développant un nouvel outil de mesures de polluants embarqué dans les véhicules, et reconnu par le centre de recherche européen Ispra. Un projet qui fait suite au "diesel gate", contre lequel l’Europe a voulu réagir, pour éviter les techniques visant à réduire frauduleusement les émissions polluantes de certains des moteurs diesel et essence lors des tests d’homologation. Avec l’objectif d’être capable de réaliser des mesures en condition d’usage réel.

Mesurer les polluants et le CO2 en embarquant le laboratoire dans la voiture, c’est le problème technique résolu par le Pems-lab développé par le Certam. « C’est une version très évoluée qui permet de mesurer une trentaine de polluants avec une cadence d’acquisition et une précision élevées. Notre outil permet aussi de mesurer de nouveaux polluants irritants pour les poumons et non réglementés aujourd’hui », explique le directeur général du Certam.

L’achat par l’Ispra de son laboratoire portatif offre une belle vitrine au centre de recherche normand ainsi que de nouvelles perspectives de développement : « Cette reconnaissance par l’Europe peut nous ouvrir complètement le marché des mesures de polluants, et nous sommes les seuls à avoir un Pems-lab qui mesure autant de produits », souligne Frédéric Dionnet. À la clé, un marché potentiel de plusieurs centaines d’unités, d’un coût compris entre 250 000 et 300 000 euros, à destination des constructeurs automobiles.

Avec son Pems-lab, outil de mesures de polluants embarqué dans les véhicules, Frédéric Dionnet, directeur général du Certam, vise un marché de plusieurs centaines d'unités.
Avec son Pems-lab, outil de mesures de polluants embarqué dans les véhicules, Frédéric Dionnet, directeur général du Certam, vise un marché de plusieurs centaines d'unités. — Photo : S.C

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail