Bruno Lecluse : Il dompte les fréquences radio et télé

Par Thomas Baume, le 06 novembre 2009

Bruno Lecluse revendique son statut d'homme de radio et de télé. Après avoir créé sur les ondes et fait un crochet par Paris, le Nordiste revient dans la métropole et lance Télé Mélody. Fier de ce succès cathodique, il sort un nouveau projet de son chapeau: Grand Lille TV.
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Bruno Lecluse, natif de Roubaix, n'a aucune raison de perdre le sourire. Sa vie professionnelle ne se résume, en effet, qu'à des succès en radio et en télé. A la fin des années 70, il fait la rencontre en Belgique des véritables acteurs des radios pirates. Il aime dire que ces commentateurs d'un autre temps lui ont «donné le virus de la radio».




Le réseau Métropolys

Très vite, il tente de lancer un projet sur les ondes radio. «En 1981, je pars à l'aventure de la création avec radio Arc-en-Ciel. Après avoir terminé mes études de droit en 1984, je fonde cette fois-ci le réseau Métropolys», ajoute Bruno Lecluse. C'est son premier gros succès sur les ondes. La radio devient très vite incontournable sur les fréquences lilloises et en région. «C'était la radio mythique et le plus gros réseau régional de France. Il représentait quasiment 1% de l'audience nationale», réagit-il. Après huit ans de développement, le jeune fondateur, alors associé à Sony Music, fait fusionner Métropolys avec RTL et la radio devient ainsi RTL2.




La capacité de rebondir

«Le fait d'avoir fondé à 24ans Métropolys m'a permis de rebondir plus facilement après cette aventure. Et, pour moi on sort de la création en recréant quelque chose d'autre», considère le président du groupe Mélody. Recréer, c'est exactement ce que fait l'entrepreneur en co-fondant Radio oecuménique chrétienne, plus connue sous le nom de Roc FM. «Nous étions arrivés à l'heure de la vulgarité à la radio. Alors, au lieu de réagir de façon radicale, j'ai proposé une alternative à cet état d'esprit. Cette radio n'était pas la parole de l'église mais juste une radio qui respectait l'auditeur et qui ne le rabaissait pas», explique ce fondateur de radio et actuel diacre permanent du diocèse de Lille.




Une expérience parisienne

Fort de son expérience sur les fréquences régionales et lilloises, il est nommé directeur général de Radio Notre-Dame, à Paris, de 1995 à 1999. «C'est là où je fais une des rencontres qui m'a le plus marqué. J'ai fait la connaissance du cardinal Lustiger. J'ai beaucoup appris à ses côtés car il m'a fait confiance», dit-il le sourire aux lèvres. En 1999, il est chargé de fonder, toujours sur la place parisienne, la première télévision catholique, KTO. Après ces expériences cathodiques et catholiques, l'homme de radio se transforme principalement en homme de télé. «La première partie de ma vie était constituée de beaucoup de radio et d'un peu de télé. La seconde, c'est exactement l'inverse», précise-t-il.




Retour musical à Lille

Il revient en 2001 sur les terres métropolitaines. Il n'a qu'une seule envie, celle de créer de nouveau. C'est ce qu'il fait sans sourciller et en musique. «J'ai quitté le Nord-Pas-de-Calais après avoir créé deux radios généralistes musicales et j'y reviens en créant Télé Mélody en 2001», confie Bruno Lecluse. Ce retour à son métier de base, la musique, s'avère gagnant. Télé Mélody a, aujourd'hui, déjà 8ans d'existence et a acquis tout un public venant de Belgique, de Suisse, de France et un peu du Maghreb. «Survivre dans notre métier, c'est aussi rester prudent», considère le président du groupe Mélody.




Encore une envie de créer

Prudent mais fier de cette réussite câblée, le fondateur de Télé Mélody se lance dans la diversification en créant myZen en 2008. «Cette chaîne internationale HD est consacrée au bien-être. Nous sommes présents dans une vingtaine de pays en Europe et nous avons déjà 50 distributeurs. Début 2010, elle sera sur les vols longs courriers d'Air France et dans des hôtels», précise Bruno Lecluse. Dernier défi en date pour cet enfant des ondes, la création de Grand Lille TV. «J'espère démontrer, par cette prise de position, qu'il n'y a pas qu'un seul format de télé au niveau régional. Elle représente la première chaîne locale 100% info diffusée 24h/24», conclut ce nordiste qui ne vit, professionnellement, que de challenges et de créations.

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