Morbihan

Industrie

Ouest Composites modèle sa croissance

Par Ségolène Mahias, le 09 mars 2020

Deux ans après sa reprise par Damien Harlé et Jean-Denis Bargibant, tous les indicateurs sont au vert pour Ouest Composites à Crac’h. Ce fabricant de pièces techniques pour l’industrie recrute pour structurer son management et ses services supports. L’industriel investit également dans l’outil et augmente ses capacités de production.

Damien Harlé et Jean-Denis Bargibant, co-dirigent Ouest Composites qu'ils ont repris il y a deux ans.
Ouest Composites conçoit et réalise des pièces ou des modèles en composite. — Photo : Ségolène Mahias

« Sur les métiers du composite, il y a peu d'entreprises de notre taille. Il y a quelques très gros acteurs et des très petits. Notre taille intermédiaire est un atout. Il y a une place à prendre ». Deux ans après la reprise de Ouest Composites, Jean-Denis Bargibant et Damien Harlé sont plutôt satisfaits du chemin parcouru. L’entreprise devrait dépasser la barre des 10 M€ de chiffre d’affaires pour son exercice qui se clôturera en mars. La PME est notamment portée par un marché en croissance forte. Leur stratégie est claire : conforter leur position, structurer le management et l’organisation interne.
Basée à Crac’h, la société créée en 1993, « a toujours affiché une bonne santé ». Positionnée à l’origine sur le secteur nautique avec sa composante ProMarine, elle s’est diversifiée. « La part du nautique ne représente plus que 10 % du chiffre d’affaires aujourd’hui », précise Jean-Denis Bargibant. Ouest Composites est le navire amiral qui regroupe trois entreprises et de nombreux savoir-faire, et est aussi une composante du groupe. Il côtoie ProMarine, installé sur le même site. Ces deux entités emploient quelque 120 salariés auxquels s’ajoutent les 70 collaborateurs de Baltic Composites, entreprise située en Pologne et produisant elle aussi des pièces composites. Comme son nom le laisse entendre, Ouest Composites fabrique des pièces en composite en BtoB. « Nous sommes des industriels qui s'adressent à des industriels. Nous proposons une offre globale : de la phase d’études à la production en passant par l’intégration de valeur ajoutée comme des supports ou des faisceaux lumineux voire assurer la boucle logistique », détaille Damien Harlé.

Des marchés porteurs et diversifiés

Dans le bâtiment de ProMarine, qui jouxte ceux de Ouest Composite, des bateaux semi-rigides prennent forme. Les deux dirigeants de la société ont fait le choix de recentrer l’activité sur la fabrication de ce type de bateaux pneumatiques. Par le passé, la société a également développé des coques rigides. S’appuyant sur deux gammes, le Manta revendiquée « plus baroudeuse » et l’Hélios annoncée « puissante et élégante », ProMarine est l’une des trois seules entreprises françaises à construire ce type de bateaux. S’appuyant sur un réseau de distributeurs en France mais aussi à l’international, ProMarine est indissociable de Ouest Composites. Damien Harlé, plus particulièrement en charge du chantier naval détaille l’organisation : « ProMarine conçoit, Ouest Composites produit et ProMarine porte la marque. »
Outre dans le nautisme, Ouest Composites est présent dans différents secteurs d’activités. Son cœur de métier est la carrosserie de véhicules de loisirs. L'entreprise réalise notamment des faces avant, arrière ou les toitures de camping-cars fabriqués dans le grand Ouest. Ce marché pèse 25 % de son chiffre d’affaires. Il est complété par la carrosserie d’engins de chantier à 15 %. La part est la même pour la carrosserie de véhicules effectuant du transport de personnes. « Ce marché est actuellement en plein essor. De nouveaux projets nous sont confiés. » La PME s’est aussi fait une place dans le secteur agricole pour lequel elle réalise des capotages de nombreuses machines. « Nous œuvrons toujours pour cette diversification du portefeuille de clients. C’est un gage d’équilibre. D’autres créneaux s’ouvrent : la défense, le marché des petits robots, celui des navettes autonomes,… » De nouveaux débouchés donc pour Ouest Composites et des ouvertures vers des industriels d’envergure.

Un outil industriel pour faire la différence

L’entreprise sait aussi investir pour se doter de nouveaux outils qui peuvent lui offrir des avantages concurrentiels. C’est ainsi que le duo a engagé 400 000 euros dans une commande numérique 5 axes à table rotative. Dédiée au détourage de pièces numériques, elle assure des gains de production à l’entreprise et s’inscrit dans l’automatisation de la chaîne de production. Une autre commande numérique offre également à Ouest Composites l’opportunité d’attirer de nouveaux clients. Comment ? En proposant une activité de modelage. Des moules, des modèles ou des prototypes peuvent ainsi être réalisés. « C’est un avantage : tout le monde ne le propose pas. La taille de notre machine (9,4 x 4 x 2) est aussi spécifique. » Les deux dirigeants entendent poursuivre leur politique d’investissements pour accroître leurs capacités de production et leurs cadences : « Un travail est mené sur l’organisation industrielle, nous sommes dans des métiers de savoir-faire et il faut donc arriver à automatiser ce qui est simple. »

Un management renforcé

En parallèle, le management a également été structuré et renforcé. L’équipe de développement produits a été étoffée. Composée de trois personnes, elle s’assure de la veille, surveille les dernières tendances et les évolutions des matériaux. Par ailleurs, Ouest Composites étoffe ses équipes du service qualité. Un nouvel animateur qualité a rejoint la PME et des postes de responsables d’îlots sont créés. « Il peut s'agir de nouveaux recrutements mais aussi de promotion interne. Ces personnes ont la responsabilité d’un îlot de production. Là aussi, nous gagnons en qualité et en transmission d’information. » Sur ces différents profils, les embauches se poursuivent.

Même si l’entreprise est en croissance d'activité, Damien Harlé et Jean-Denis Bargibant n’entendent pas en rester là. Sur leurs tablettes figurent de nouveaux chantiers d’amélioration continue. Une réflexion est menée sur les outils d’aide au levage et à la manutention. « Nous devons pouvoir limiter les TMS et nous assurer des gains de temps. » Un autre projet majeur va voir le jour dans les prochains mois. Il concerne la refonte des flux dans l’entreprise. À la clé, une meilleure utilisation des mètres carrés construits de l’industriel. Établie sur 25 000 m² de foncier, Ouest Composites dispose de 6 500 m² de bâtiments.

La force du duo

Victime d’un incendie fin 2019, Ouest Composites a appris de cet épisode. « Ce moment marquant pour l'entreprise est derrière nous. Nous en avons fait une opportunité en tirant des enseignements qui renforcent nos actions en matière de sécurité. "  Les deux dirigeants soulignent également avoir aussi mesurer l'avantage qu'il y a être deux à la tête de l'entreprise pour gérer une situation comme celle de cet incendie. " Etre deux nous a sans doute permis de rebondir plus rapidement. " La production n'a pas été affectée par ce feu et la PME a pu poursuivre ses projets lancés en interne. À plus long terme, Damien Harlé et Jean-Denis Bargibant envisagent de faire franchir de nouveaux paliers à l’entreprise sur ses métiers du composite. « Notre croissance se fera sans doute également par de la croissance externe. Nous sommes à l’écoute du marché. »

Encadré

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3 questions à

Jean-Denis Bargibant et Damien Harlé

Présentez-nous Baltic Composites ?

Baltic Composites est une filiale de Ouest Composites. Elle s’intégrait donc dans le projet de reprise comme ProMarine. La société était structurée ainsi et c’est un atout. Avoir un autre site de production est intéressant. L’entreprise a su se développer autour de Ouest Composites, ProMarine et Baltic Composites avec ses clients historiques. Nous nous inscrivons dans cette continuité. Baltic Composites est située à Ostroda, une ville du Nord de la Pologne. L’entreprise fabrique des pièces comme Ouest Composites. 70 personnes y travaillent. Il y a un dirigeant sur place et une personne de Ouest Composites qui est présente en permanence. Les contacts sont quasi quotidiens grâce aux outils numériques. Nous nous rendons également sur place régulièrement.

Y-a-t-il des interactions entre Baltik et vos deux sites de production morbihannais ?

Baltik Composites est un peu un atelier déporté de Ouest Composites. Toutefois, les exigences de délais et de qualité sont les mêmes que pour nos sites morbihannais. Sur des commandes qui nécessitent beaucoup de main d’œuvre, Baltik a un avantage compétitif en termes de coût de la main d’œuvre. Mais il faut le pondérer avec le coût de transport des pièces pour les ramener en France. Au regard de nos commandes, il y a toujours un arbitrage que nous faisons avec nos clients. Baltik nous a permis de conserver une activité pérenne avec certains clients.

Des projets d’investissements sont-ils prévus sur place ?

C’est un site non automatisé. Il y a un travail de rationalisation de la production à mener. Les opérations doivent être plus simples et plus reproductible. L’objectif est de faire grandir ce site et ses volumes de production. Demain, nous aimerions être présents sur des marchés en Allemagne et en Pologne. Notre offre, entre nos sites bretons et Baltik en Pologne, sera différenciante.

Damien Harlé et Jean-Denis Bargibant, co-dirigent Ouest Composites qu'ils ont repris il y a deux ans.
Ouest Composites conçoit et réalise des pièces ou des modèles en composite. — Photo : Ségolène Mahias

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