Le Mans

Numérique

Myoken à l’assaut du marché des jeux vidéo

Par Cédric Menuet, le 24 octobre 2019

Spécialiste de la réalité augmentée, le studio Myoken abandonne ses activités d’agence de communication digitale pour se consacrer à la production de jeux vidéo. Basée au Mans, la PME lance  sa quatrième réalisation, dédiée au marché de niche des parcs de loisirs couverts.

Avec son budget de 300 000 euros, le nouveau jeu de Myoken, « This is not the end », est le premier projet co-édité par le studio du Mans.
Avec son budget de 300 000 euros, le nouveau jeu de Myoken, « This is not the end », est le premier projet co-édité par le studio du Mans. — Photo : Myoken

Virage bien négocié pour Myoken. Créée en 2007 en tant qu’agence de communication digitale, la société basée au Mans opère depuis deux ans un changement de métier, pour se positionner désormais en tant que studio de création de jeux vidéo. Un tournant avant tout technologique pour son dirigeant, Mickaël Marseul. « Nous nous sommes spécialisés dans la réalité augmentée en 2013, puis dans la réalité virtuelle en 2015 en proposant des solutions métiers interactives aux entreprises. Cela a été possible grâce à la démocratisation des outils. »

Avec ses créations d’environnements virtuels, Myoken propose alors des jeux en support d’opérations marketing, permettant à la structure de passer d’une clientèle d’entreprises locales à des grands comptes nationaux tels que le groupe La Martiniquaise pour sa marquer de vodka Poliakov ou encore Speed Burger. Le pivot vers une activité entièrement consacrée aux jeux vidéo s’effectue en 2017, quand Myoken remporte un appel d’offres auprès du lyonnais I-Way, un champion du jeu vidéo de simulation. « Ils ont lancé une consultation pharaonique qui dépassait le cadre de la France. Ils nous ont retenus pour développer un jeu en réalité virtuelle destiné aux parcs de loisirs couverts », explique Mickaël Marseul. Sorti en 2018, ce jeu, ISS Rescue, a cumulé 12 000 billets d’entrées individuels en France.

Auto-édition

Grâce à la réalité virtuelle, Myoken et ses 7 salariés sont en mesure de concevoir tout un univers imaginaire dans lequel plusieurs joueurs peuvent évoluer et interagir grâce à un casque permettant l’immersion dans le jeu. Ainsi, après I-Way, c’est la société tourangelle Escape Yourself qui passe commande au sarthois pour un jeu d’évasion en réalité virtuelle. Édité en octobre 2018, il sera suivi d’un troisième, conçu une nouvelle fois pour I-Way, et lancé en mars dernier. « Depuis deux ans, la réalité virtuelle se développe dans les parcs de loisirs. C’est une activité qui ne peut se faire que dans des complexes dédiés du fait du coût de la technologie et de la place nécessaire au jeu », précise le dirigeant.

Mickaël Marseul dirige Myoken au Mans depuis 2007.
Mickaël Marseul dirige Myoken au Mans depuis 2007. - Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

Fort d’un chiffre d’affaires de 380 000 euros en 2018, Myoken entend accélérer avec la sortie début octobre de son nouveau jeu. « Il est constitué de deux chapitres, c’est l’équivalent de deux jeux à développer. Nous le co-éditons avec I-Way pour une diffusion à Paris, Nantes, Lyon et Annecy. Nous passons un cap avec ce jeu. » Car désormais, Myoken veut se positionner en tant qu’éditeur afin de commercialiser en direct ses jeux aux exploitants de complexes de loisirs, tels que les escape games, salles d’arcade ou parcs d’attractions. Quitte à devenir son propre client. « Avec notre offre actuelle de jeux, nous aimerions monter une salle au Mans, ce qui nous permettrait de disposer d’un showroom. Mais avant, nous devons trouver le bon partenaire et le bon lieu », souligne Mickaël Marseul. L’international pourrait constituer un autre débouché. Les jeux conçus par Myoken demandant seulement une traduction pour être exploités à l’étranger. Le sarthois a ainsi fait le déplacement à Paris en septembre dernier pour participer à l’IAAPA Europe, l’un des grands salons internationaux de l’industrie du loisir.

Avec son budget de 300 000 euros, le nouveau jeu de Myoken, « This is not the end », est le premier projet co-édité par le studio du Mans.
Avec son budget de 300 000 euros, le nouveau jeu de Myoken, « This is not the end », est le premier projet co-édité par le studio du Mans. — Photo : Myoken

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