Energie

La Compagnie de chauffage : Cap sur les énergies vertes

Par la rédaction, le 04 juin 2010

La Compagnie de chauffage de Grenoble a cinquante ans. Après un développement grâce au charbon, le deuxième réseau de chaleur de France mise aujourd'hui sur les énergies renouvelables pour limiter ses rejets atmosphériques. Tiphaine Le Roy
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Il y a cinquante ans naissait la Société pour la distribution de la chaleur dans la ville de Grenoble (SDCVG), rebaptisée Compagnie de chauffage intercommunale de l'agglomération grenobloise (CCIAG) en 1978. Cette société d'économie mixte est détenue majoritairement par la Ville de Grenoble (52% du capital); elle possède également pour actionnaire privé Dalkia (32%), filiale de Véolia, et dans une moindre mesure, la Métro et la Ville d'Échirolles. Avec un réseau de 151 kilomètres raccordés, elle permet de chauffer l'équivalent de 91.000 équivalents-logements (dont la moitié de logements de particuliers), ce qui en fait le deuxième plus important réseau de chaleur en France (après Ile-de-France). Créée peu de temps après l'installation du Commissariat à l'énergie atomique et quelques années avant les jeux Olympiques, la Compagnie de chauffage a dû faire face dès ses origines à la forte croissance démographique de la ville. À la fin des années 1980 commence le raccordement des réseaux. Et pour être plus réactifs en cas de panne sur une usine, certains sites de chauffe peuvent utiliser plusieurs combustibles.




Mieux capter les polluants

La centrale Isèrgie (rue des Martyrs, à Grenoble), détenue avec Gaz électricité Grenoble (GEG) permet également la production d'électricité. Aujourd'hui, particuliers et professionnels qui ne sont pas chauffés à l'électricité bénéficient d'une production et d'une distribution de chaleur fournie par la Compagnie de chauffage grâce à six sites de production. En parallèle à la croissance de son réseau, la société a constamment mené des recherches afin de mieux capter les résidus polluants. «Lors de la création de la SDCVG, il s'agissait de trouver des débouchés pour le charbon des mines de La Mure afin de conserver les emplois», note le président de la Compagnie de chauffage.




Intégrer la TVA à 5,5% pour les clients

Mais depuis le démarrage de la première usine d'incinération des déchets ménagers, en 1972, la société a diversifié les types de combustibles utilisés dans ses centrales. On y trouve notamment des farines animales. «C'était juste après les scandales alimentaires et ça en a effrayé certains», se souvient le président.» Aujourd'hui des tests concernent les rebuts de café produits par les dosettes pour machines à expresso. Au rang des énergies renouvelables, la plus prometteuse semble la biomasse. La rénovation de la centrale de la Villeneuve, achevée en 2008, a permis à la Compagnie de chauffage d'augmenter fortement sa capacité sur le bois comme combustible. Depuis l'an dernier, plus de 50% de la production de chauffage de l'entreprise a pour origine les énergies renouvelables. «Ce qui permet d'intégrer la TVA à 5,5% pour les particuliers», se félicite Serge Nocodie. Depuis près de trente ans, l'entreprise diversifie ses activités, proposant notamment la climatisation et Téléalarme, service d'assistance à domicile pour personnes âgées. Mais le chauffage demeure l'activité principale. La faible consommation énergétiquedes nouveaux bâtiments ne semble pas faire frémir la Compagnie de chauffage. «Nous n'allons pas nous en plaindre alors que nous misons sur le développement durable», sourit Serge Nocodie, précisant que l'agglomération compte encore de nombreux projets immobiliers, actuels et à venir. À court terme le réseau pourrait peut-être même franchir le Drac pour alimenter des logements sur Fontaine ou Sassenage.

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