Metz

Innovation

Comment Vivoka prend la crise sanitaire à contre-pied en faisant évoluer son activité

Par Jonathan Nenich, le 10 juillet 2020

Dirigée par William Simonin, Vivoka, qui réalise des assistants vocaux sur mesure, doit diversifier son activité afin de s'adapter à la crise sanitaire. La start-up messine qui dégage, en période normale, la majorité de son activité via l'équipement d'hôtels, se tourne désormais vers le marché de la borne et de la santé. 

L'équipe de Vivoka a intégré ses nouveaux bureaux.
Avec d'autres start-up du territoire, Vivoka a emménagé dans des bureaux au Technopôle. — Photo : © Vivoka

L'hologramme de raton-laveur Zac, un assistant vocal développé Vivoka, en reste sans voix. « Avec la crise sanitaire, les hôtels, qui représentent la majorité de notre activité, ont gelé leurs investissements pour au moins 18 mois », indique William Simonin, dirigeant de la start-up messine qui emploie 28 personnes. Une situation pour le moins problématique pour une entreprise qui réalise la majorité de son activité en équipant des chaînes d’hôtels, comme Adagio, avec son assistant vocal. Ce dernier permet notamment au client d'une chambre d'accéder à des services de conciergerie directement via la voix.

Mais si Zac est au repos contraint, Vivoka n’est pas en reste pour autant : « Nous avons remporté un appel d’offres lancé par ADP, le groupe qui gère les aéroports de Paris, et 22 au total dans le monde entier, afin de faire évoluer les bornes d'informations et d'enregistrement de chaque site », se réjouit le jeune chef d'entreprise. 

ADP se tourne donc vers le spécialiste de la voix messin pour gommer les temps d’attente liés au Covid-19 dans les aéroports : il a été multiplié par cinq dans les process d’enregistrement, de douanes… » Pour le groupe ADP, l’objectif est de pouvoir permettre aux usagers de s’enregistrer, de se repérer, d’être renseigné, mais en remplaçant le tactile par la voix. Impossible pour le moment de chiffrer les retombées économiques de ce prestigieux partenariat puisque Vivoka étudie encore la meilleure façon de « transformer » les milliers de bornes, différentes dans chaque aéroport. Ce partenariat pourrait permettre à Vivoka, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, de limiter l'impact de la baisse d'activité liée à la mise en veille de l'hôtellerie.

De nouvelles ambitions sur ce marché

Ce contrat avec ADP aiguise l'appétit de Vivoka sur ce marché. « Le potentiel du marché des bornes est énorme. Une borne peut aussi mettre en avant une marque, améliorer l’expérience client dans son parcours », lance le dirigeant. Alors Vivoka change de voix. 

Sans pour autant délaisser l'hôtellerie, la PME de William Simonin souhaite se rapprocher des constructeurs de bornes européens et américains : « Les bornes sont partout : dans les bus, le métro… Même si la crise ne s’éternise pas, elle va changer les habitudes pour longtemps. Nous cherchons à éviter les contacts, surtout dans les lieux publics. La voix devient la solution ».  

La santé au cœur des enjeux

Vivoka compte aussi diversifier son activité pour atteindre le milieu de la santé. Un outil collaboratif vocal pourrait ainsi permettre de lutter contre la solitude des seniors dans leur logement, via des serious game par exemple, ou de faciliter les liens avec la famille.

« Même si la crise ne s’éternise pas, elle va changer les habitudes pour longtemps. Nous cherchons à éviter les contacts, surtout dans les lieux publics. »

Par la voix, Vivoka, qui vient de déménager ses bureaux au Technopôle de Metz, compte aussi permettre au patient de faire remonter des informations liées à l’efficacité d’une posologie par exemple, pour éviter des contres visites parfois évitables. « Mais nous ciblons surtout une fonctionnalité sur l’autonomie des patients à l’hôpital. Quel que soit le problème rencontré, le malade appuie aujourd'hui sur un bouton rouge qui appelle l’infirmière. Avoir une raison à l’appel permettrait de hiérarchiser les priorités, mais aussi de prévoir des médicaments, du matériel avant d’arriver dans la chambre », indique William Simonin.

Vivoka est déjà positionné sur ce nouveau marché puisque la start-up a remporté l’appel à projets « Business booster santé » lancé par Grand Nancy Innovation. Un prix de prestige qui atteste de la pertinence de la technologie de l’entreprise innovante messine dans le secteur sanitaire.

L'équipe de Vivoka a intégré ses nouveaux bureaux.
Avec d'autres start-up du territoire, Vivoka a emménagé dans des bureaux au Technopôle. — Photo : © Vivoka

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