Loire-Atlantique

Industrie

Orinox digitalise les usines aux quatre coins du monde

Par Florent Godard, le 29 mai 2018

La PME de Châteaubriant, qui créé des doubles numériques des projets des géants industriels, vient de lever 2 millions d'euros pour accélérer son internationalisation. Orinox veut tripler son chiffre d'affaires d'ici à deux ans et passer de 120 à 300 salariés. 

Maxime Fourreau, fondateur et PDG d'Orinox. — Photo : Orinox

Se décrivant comme « un architecte d’installations industrielles », Orinox poursuit son envolée. La PME de Châteaubriant (Loire-Atlantique) a déjà créé 120 emplois depuis sa fondation en 2008. Prochain objectif : porter son chiffre d’affaires de 7,1 M€ aujourd’hui à plus de 20 M€ en 2020. Et atteindre la barre des 300 salariés. Pour cela, Orinox vient de boucler une levée de fonds auprès d’Arkéa Capital et de Pays de la Loire croissance, à hauteur de 2 M€. Un levier pour doper sa R&D et son développement commercial. Car son offre séduit.

Un "double" numérique d’une usine

Orinox aide à concevoir des usines, des plateformes pétrolières ou encore des centrales nucléaires grâce aux nouvelles technologies (scans et plans 3D, réalité virtuelle et hologrammes). Elle distribue et intègre des logiciels spécifiques chez ses clients, puis les forme à leur utilisation. Ses ingénieurs aident les industriels tels que EDF, Orano (ex-Areva), Axima, Total, Suez, Veolia ou encore Petronas à réaliser les plans de leurs futures installations.

Booster sa R&D signifiera, entre autres, améliorer sa nouvelle plate-forme web qui permet de créer « le double numérique » d'une usine, dixit Maxime Fourreau. Concrètement, le patron d’Orinox propose un système pré-configuré pour classer de manière organisée toute l’information d’une entreprise : plan des bâtiments, liste du matériel, plannings…

« Une fois les données classées sur notre service cloud, vous pouvez les visualiser sur PC, smartphone ou tablette, notamment en 3D, ou bien vous balader à l’intérieur de l’usine, en vous connectant avec un casque de réalité virtuelle », décrit Maxime Fourreau. Lancé en 2017, ce service a par exemple séduit L’Oréal. Via sa plateforme et ses outils, Orinox dit pouvoir « tout simuler » : conception et réhabilitation d’une usine, « son intégration dans une zone naturelle sans dégrader l’environnement », l'exploitation, le montage d’équipements critiques comme les gigantesques cuves utilisées dans une laiterie ou dans un réacteur nucléaire, jusqu’à la déconstruction du site.

Réduire les délais de construction

« Les experts disposent d’une information très précise afin de réduire les erreurs, les risques ou les délais, explique le fondateur d’Orinox. Sachant qu’un simple jour de retard peut parfois coûter un million d’euros sur un gros projet. Souvent à cause d’un détail. Exemple, si vous acheminez une grue sans prévoir qu’il faudra déplacer des charges à plus 20 mètres de distance, une portée où sa capacité de levage sera réduite, vous êtes bloqués… » Un moyen de travailler de manière plus efficace donc, là où auparavant certaines évaluations étaient encore un peu faites "à la louche".

En cours de travaux, la réalité virtuelle offre un outil de contrôle supplémentaire : la possibilité de visualiser la différence entre l’usine en construction et le projet initial, pour s’assurer que les deux soient bien identiques. Dernier exemple d'outil proposé, cette fois pour l'après-construction : utiliser la réalité augmentée, qui consiste à projeter des images virtuelles sur la réalité physique. Un salarié équipé de lunettes pourra par exemple se former à la maintenance sur une plate-forme pétrolière. Avec ses lunettes, il voit des informations s’afficher, se superposer à ce qu’il observe sur la plateforme, comme la description du lieu où il se trouve, les indicateurs de pression de la tuyauterie, la température de la salle, la date de la dernière opération de maintenance, etc.

Bientôt des filiales à Dubaï et au Japon

Entreprise profitable selon son dirigeant, Orinox surfe sur la digitalisation de l’industrie et « l’usine 4.0 ». Son jeune patron de 37 ans, à la fois "geek" et autodidacte, a débuté sa carrière comme soudeur-tuyauteur. L’entrepreneur profite en outre de la rénovation du parc nucléaire français et de tous les chantiers d’EPR, de la France à l’Angleterre et jusqu’en Inde.

La récente levée de fonds aidera aussi sa PME à s’internationaliser davantage, pour suivre ses clients sur leurs chantiers à l’étranger, sachant que 95 % des projets sur lesquels elle travaille se situent en dehors de l’Hexagone. Déjà implantée aux Etats-Unis et en Malaisie, Orinox veut ouvrir de nouvelles filiales en Allemagne, au Canada, en Norvège, à Dubaï et au Japon d’ici 18 mois. Pour réussir son pari, l’équipe actuelle doit s’étoffer rapidement. Une trentaine d’offres d’emplois a déjà été publiée pour des ingénieurs, des infographistes 3D, des développeurs en réalité virtuelle, des experts en comptabilité et des chargés d’affaires.

Maxime Fourreau, fondateur et PDG d'Orinox. — Photo : Orinox

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