Vendée

Industrie

L’usine Michelin de La Roche-sur-Yon menacée ?

Par Jéromine Doux, le 17 septembre 2019

La direction du groupe Michelin vient de présenter un diagnostic aux syndicats, mettant en avant une nette dégradation de la compétitivité pour ses sites de Cholet, Avallon (Yonne), Clermont-Ferrand et la Roche-sur-Yon. Le site vendéen qui fabrique les pneus poids-lourds (650 salariés) serait le plus menacé de disparition.   

L'usine Michelin de Cholet (Maine-et-Loire), site de production de référence dans les pneus de 4X4.
La direction industrielle de Michelin a présenté un état des lieux de ses sites aux syndicats, mettant en avant des problématiques dans plusieurs activités du groupe. — Photo : Michelin

Le diagnostic est inquiétant. Surtout pour le site de La-Roche-sur-Yon. La direction industrielle de Michelin a présenté un état des lieux de ses sites aux syndicats, mettant en avant des problématiques dans plusieurs activités du groupe. Le fabricant de pneumatiques constate une dégradation de la compétitivité pour quatre de ses usines en France. Les sites de La Roche-sur-Yon (Vendée), de Cholet (Maine-et-Loire), d’Avallon (Yonne) et de Cataroux, à Clermont-Ferrand, sont en danger. Mais selon les syndicats, c’est le site de La Roche-sur-Yon qui inquiète le plus.

« On sent que la situation s’est encore dégradée"

En octobre dernier, 200 salariés avaient déjà manifesté contre les suppressions de postes au sein de l’usine. « On sent que la situation s’est encore dégradée et c’est la seule usine pour laquelle la direction n’a pas émis de recommandations dans le but de pérenniser le site, s’alarme Jérôme Lorton, délégué syndical central. C’est exactement comme si vous aviez un cancer et que l’on vous disait qu’il n’existe pas de traitement. » Pour le délégué syndical, le groupe a deux options : « Soit il prononce la fermeture de l’usine, soit il prend le temps de la sauver. Nous ne sommes pas dans une crise économique et nous ne sommes pas non plus une PME, nous avons les moyens de mettre en place des outils comme le chômage partiel par exemple. » Selon le syndicat Sud, « les salariés du site de La Roche-sur-Yon sont de plus en plus inquiets face au manque de visibilité. »

Le programme d’investissement stoppé en 2018

En février, un nouveau directeur de site – Olivier Furnon - a pourtant été nommé pour améliorer la compétitivité du site. Cette usine, la dernière de pneus poids lourds en France, devait investir 100 millions d’euros entre 2014 et 2019 pour se moderniser et augmenter ses capacités de production. Mais la direction a décidé de stopper ce programme d’investissement en 2018. En cause : un marché en perte de vitesse et une concurrence accrue. Olivier Furnon annonçait en février une nouvelle diminution des effectifs. Environ 650 salariés travaillent au sein de l’usine. Début 2018, le site enregistrait un pic avec près de 800 collaborateurs.

La Région Pays de la Loire entend également se mobiliser pour préserver les sites de La Roche-sur-Yon et de Cholet. La présidente du Conseil régional, Christelle Morançais, a demandé à connaître « la stratégie du groupe pour préserver la pérennité de ces usines » mais aussi à rencontrer le Président du Groupe Michelin, Florent Menegaux, afin de « défendre l’avenir des sites ligériens. »

L'usine Michelin de Cholet (Maine-et-Loire), site de production de référence dans les pneus de 4X4.
La direction industrielle de Michelin a présenté un état des lieux de ses sites aux syndicats, mettant en avant des problématiques dans plusieurs activités du groupe. — Photo : Michelin

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