Loire-Atlantique

Environnement

Le Rucher du Champoivre installe ses abeilles au cœur des entreprises

Par Amandine Dubiez, le 22 février 2018

Il est le Coup de cœur du jury des Trophées régionaux du développement durable. Jérôme Courtin, apiculteur pour Le Rucher du Champoivre, près d’Héric, installe ses ruches au cœur des entreprises. Il apprend aux sociétés à récolter elles-mêmes leur propre miel.

Jérôme Courtin, apiculteur et créateur du Rucher du Champoivre.
Jérôme Courtin, apiculteur et créateur du Rucher du Champoivre — Photo : Amandine Dubiez - Le Journal des Entreprises

A quelques centaines de mètres du périphérique, au milieu de la zone d’activité de Saint-Herblain, sur le parking de la biotech Valneva, les travailleuses se blottissent les unes contre les autres pour ne pas avoir froid. Trois ruches entières dorment et protègent leur reine en attendant que l’hiver se passe. L’entreprise de biotechnologies a adopté 3 ruches qu’elle héberge sur la pelouse de son parking. Régulièrement, l’apiculteur Jérôme Courtin, à la tête du rucher du Champoivre vient leur rendre visite. Des ruches comme celles-ci, il en a installé dans 25 entreprises de Loire-Atlantique : des PME industrielles comme Lambert Manufil, ou Atlantique Ouvertures en passant par un centre commercial, le Leclerc de Blain, et des sociétés de services comme Abalone, à Saint-Herblain.

Bien-être et éthique

Le parrainage de ruches est de plus en plus pratiqué par les entreprises. Face à une demande accrue, Jérôme Courtin se réserve le droit de sélectionner ses clients.  « Un jour, j’ai été dans une entreprise où en plein après-midi et en plein soleil, ils passaient du désherbant. Je suis reparti sans même avoir vu la direction », raconte-t-il. Pas question d’installer des ruches dans un environnement si meurtrier pour ses abeilles. Lui veut s’assurer que l’entreprise sera impliquée dans le bien-être des abeilles et que son éthique sera en accord avec son activité. Si vraiment la société n’a pas la place d’accueillir une ruche, il héberge les abeilles chez lui, au sein du Gaec bio de la Grigonnais, près de la forêt du Gâvre. Une adoption de ruche coûte à partir de 650 euros l’année.

Les salariés récoltent leur miel

Les collaborateurs sont invités à peindre leur ruche eux-mêmes et à créer leur propre étiquette. L’apiculteur incite aussi les salariés à faire l’extraction du miel ensemble, au sein des locaux de la société. « C’est toujours amusant de voir que cette activité transforme les relations professionnelles, qu’un chef peut alors se mettre à discuter avec un employé de l’agressivité des frelons sur leurs abeilles. Un vrai projet fédérateur dans l’entreprise », observe Jérôme Courtin. Lui s’occupe des travaux apicoles tout au long de l’année et les collaborateurs suivent la vie de leur ruche sur un site internet dédié à l’entreprise. Tout le miel de la ruche est redonné à l’entrepris , entre 10 et 20 kg selon les saisons.  

Un ancien joueur devenu apiculteur

Jérôme Courtin fait fabriquer les ruches l’Esat de Rezé avec du bois local, fait réaliser la mise en pot par des détenus de la prison de Nantes et travaille aussi avec le Secours Populaire.  « C’est une logistique compliquée. Je gagnerais plus d’argent si je faisais tout tout seul, mais il faut que je partage avec les gens. Je veux les faire se rencontrer », explique l’apiculteur. Un credo qu’il s’est imposé quand il a changé de vie il y a 7 ans. Jérôme Courtin était alors responsable des paris sportifs au sein de la Française des Jeux, à Paris. « Je n’en pouvais plus de gagner de l’argent sur l’addiction des gens », raconte celui qui est aussi passé par TF1 et le PSG.

Un rucher citoyen

Il choisir donc de quitter Paris pour s’installer à Nantes, en pleine campagne. Là il installe pour son fils une ruche, puis 2, puis 3. Depuis, Jérôme Courtin récolte le miel parrainé pour plus de 400 particuliers. L’apiculteur aimerait à l’avenir installer des ruches parrainées dans un lieu public pour sensibiliser le grand public au sort des abeilles. « Je pourrais installer un rucher citoyen sur le parcours du Voyage à Nantes », évoque l’apiculteur.

Jérôme Courtin, apiculteur et créateur du Rucher du Champoivre.
Jérôme Courtin, apiculteur et créateur du Rucher du Champoivre — Photo : Amandine Dubiez - Le Journal des Entreprises

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