Le chiffon rouge qui froisse le tissu économique

Par la rédaction, le 04 janvier 2013

ENTRE NOUS par Vincent Combeuil Directeur des rédactions
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Nous recevant à Matignon, Jean-Marc Ayrault est apparu serein, pédagogue, avec la volonté de séduire les entreprises (
lire ici). Alors pourquoi cette distance entre un discours pro-PME du gouvernement, que je crois sincère, et des entreprises rebelles à sa politique? Inconscience de la gravité de la crise? Méconnaissance des réalités de l'entreprise et de la compétition mondiale? Irréalisme sur le degré de fiscalité qu'une entreprise est prête à supporter? Sûrement un peu de tout cela. S'ajoute à cela la donne politique l'obligeant à un grand écart permanent entre le socialisme réaliste et la gauche protestataire. D'où le chiffon rouge de la nationalisation, faute qui nous donne à l'étranger une image catastrophique, ou l'erreur de faire croire aux salariés que l'État va changer l'eau du marché déprimé de l'acier, en vin de l'emploi garanti à vie. Le problème c'est que, pour «ne pas désespérer Billancourt», les socialistes n'arrivent toujours pas à dire la vérité aux Français. Leur expliquer qu'une entreprise ça naît et ça meurt; que sa vie ne dépend pas de l'État mais de ses clients; qu'en revanche l'État peut tuer les entreprises à trop les charger de taxes et d'impôts. Compte tenu de cette fragilité des PME, le gouvernement devrait dire aux Français qu'il faut protéger l'employé des aléas du travail, tout en permettant aux entreprises de gérer leurs effectifs avec souplesse pour réagir aux aléas du marché. Des milliers de TPE et PME aimeraient embaucher mais reculent par peur d'un retournement qui les laisserait avec un emploi trop lourd à porter. Le gouvernement nous dit: «Attendez ! On va réformer l'État, diminuer les dépenses, et favoriser la compétitivité des entreprises». On attend de voir. Et s'il avait commencé par ça au lieu de sortir la mitraillette fiscale? Voyant une autre politique et d'autres priorités, les chefs d'entreprise se seraient moins mobilisés contre le gouvernement. Alors M.Ayrault encore un effort !

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