Nantes

Santé

L'appli de prévention santé de Kiplin séduit les hôpitaux

Par Amandine Dubiez, le 15 juin 2018

Pratiquer une activité physique modérée et régulière grâce au jeu sera-t-il un jour prescrit sur ordonnance ? La solution que la PME nantaise Kiplin développe est testée actuellement par des centres de lutte contre le cancer et des résidences sénior. 

A gauche Vincent Tharreau, accompagné des collaborateurs de Kiplin.
A gauche Vincent Tharreau, accompagné des collaborateurs de Kiplin. — Photo : Kiplin

« Le sport, c’est bon pour la santé ». Ce vieil adage, la jeune PME nantaise Kiplin est en train de la prouver avec des données. Via l’application ludique d’incitation à la pratique sportive qu’elle développe depuis trois ans, elle récolte des mesures sur la santé de ses joueurs, en l’occurrence des patients en convalescence. Du nombre de pas réalisés à la fréquence cardiaque en passant par des mesures sur la qualité de vie, toutes les données sont analysées et synthétisées au sein de quatre études cliniques.

La solution est actuellement testée par le centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy, l'Assistance publique des Hôpitaux de Paris (APHP) mais aussi le centre médical axé sur la diététique Theraé ainsi que le Gercor, promoteur d’études cliniques en oncologie. Le but : mesurer l’effet de l’activité physique sur la santé des malades. Une prescription médicale qui ne coûte rien et qui pourrait faire faire des économies à l’Assurance Maladie.

Une levée de fonds de 600 000 euros

« Ce sont les médecins qui sont venus nous chercher », raconte Vincent Tharreau, qui a monté son entreprise il y a trois ans après 15 ans d’expérience dans les ressources humaines. Sa jeune société, montée en association avec l’agence Le Phare et qui compte parmi ses actionnaires le groupe Confluent, est en train de boucler une levée de fonds de 600 000 euros pour répondre à la demande croissante des établissements de santé. « Avec cette levée de fonds, nous allons pouvoir recruter des data scientists et data analysts », commente le PDG.

Son attente : que la solution soit recommandée par le personnel soignant. En attendant les résultats des études cliniques, attendues d’ici à deux ans, il a déjà réalisé quelques analyses sur les 10 000 personnes qui ont participé à ses challenges virtuels.  « On a calculé que les joueurs sont plus de 70 % à quitter le seuil de sédentarité (moins de 5 000 pas par jour) », remarque Vincent Tharreau.

Partenariat avec des résidences sénior

Les règles du jeu que Kiplin développe sont toujours les mêmes : faire relever à une dizaine de joueurs réunis en équipe via une application des challenges sportifs tels que réaliser ensemble le Paris-Brest, grimper le mont Fuji ou faire le tour du monde. « Le but n’est pas de faire un marathon mais simplement de faire changer les comportements d’un public, comme les seniors, qui n’a pas l’habitude de faire du sport », commente Vincent Tharreau.

La PME de 16 collaborateurs commence à commercialiser sa solution auprès de résidences seniors et vient de signer un partenariat avec Altarea Cogedim. De quoi lui permettre de doubler son chiffre d’affaires à 1 million d’euros en 2019. Parallèlement, Kiplin continue de commercialiser son application auprès des entreprises : des salariés de Dassault Systèmes, Sodexo, Promod, Orange, ou encore Harmonie Mutuelle et Engie ont déjà relevé des défis en ligne. Pour ces sociétés, l’enjeu de ces challenges est avant tout de développer l’esprit d’équipe des collaborateurs.

A gauche Vincent Tharreau, accompagné des collaborateurs de Kiplin.
A gauche Vincent Tharreau, accompagné des collaborateurs de Kiplin. — Photo : Kiplin

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