Loire-Atlantique

Conjoncture

Bruno Hug de Larauze : « J'ai contribué à créer 30 entreprises »

Par Caroline Scribe, le 04 novembre 2016

CCIR Après six ans à la tête de la CCI de Saint-Nazaire, suivis de six ans comme président de la CCIR, Bruno Hug de Larauze quitte le réseau consulaire. Entretien.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : Après vos mandatures de six ans à la tête de la CCI de Saint-Nazaire, puis de six ans comme président de la CCIR des Pays de la Loire, vous avez choisi de ne pas vous représenter. Pourquoi ?

Bruno Hug de Larauze : « Tout d'abord, j'estime que l'on n'a pas l'âge de ses artères mais de ses mandats. Et douze ans, ça suffit ! Ensuite, j'ai vécu un drame familial avec la maladie et le décès de ma fille. Enfin, et c'est la raison majeure de mon arrêt, ma dernière mandature a été marquée par une baisse de 37 % des ressources fiscales des CCI. J'avais et j'ai toujours une grande appétence pour développer cette région que j'adore. Malheureusement cette frustration financière ne nous permet pas de nous engager, de dire à nos collaborateurs ce que l'on va faire. Je considère que l'on ne peut pas être efficient si l'on n'est pas dans la confiance. Et clairement, avec les décisions unilatérales du gouvernement, on n'est pas dans la confiance.

Pour autant vous n'êtes pas resté inactif. Quelles actions ont marqué votre mandat ?

« Un chef d'entreprise n'est pas fait pour démissionner mais pour se battre. J'ai donc mené une action fondée sur une vision, inspirée par la lecture des livres de Michel Serres, Edgar Morin et Jeremy Rifkin. Je suis convaincu que nous vivons une révolution marquée par la transition énergétique, la connexion de l'individu au monde via internet et les réseaux sociaux et un changement sociétal, caractérisé par l'individualisation. Il est nécessaire d'apporter cette vision à nos chefs d'entreprise qui ont souvent la tête dans le guidon. Cette réflexion a débouché sur mise en place de la TRIA (troisième révolution industrielle et agricole) avec deux objectifs : amener le plus grand nombre des 200.000 entreprises ligériennes à réussir leur mutation et faire émerger et grandir 3.000 entreprises dans des secteurs d'activité à fort potentiel de développement : conversion et stockage d'énergie, big data, agriculture biologiquement intensive... Au terme de trois ans de cette démarche, nous avons suscité 1.100 entreprises pionnières.

Vous parliez également de contractualisation ? 
« Oui, il y a un vrai enjeu avec la Région. Soit elle nous considère comme des co-contractants dans une logique de développement stratégique du territoire, soit comme des sous-traitants. Les arbitrages restent à venir. Je suis en phase avec Bruno Retailleau quand il parle de la TRIA mais il reste à dérouler en mode opérationnel.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?
« Je suis un développeur par nature. J'ai créé ou contribué à créer 30 entreprises. J'ai envie de continuer. Tout d'abord, au sein d'Idéa, mon entreprise. Nous prenons des participations dans des start-up, nous en créons, etc. J'ai également pris la présidence du Club des 30. Je suis très admiratif des chefs d'entreprise qui en sont membres. Ils expérimentent, ils innovent, ils ont une vision mondiale. J'ai envie de faire émerger de belles entreprises sur notre territoire, pas pour dominer les autres mais pour consolider notre environnement. Il ne faut pas abandonner les enjeux majeurs du territoire aux politiques. Le temps politique est aléatoire alors que le sujet est d'accompagner l'évolution ultra-rapide du monde.

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