Saint-Malo

Biotech

Le fabricant d'engrais bio Gaïago décuple sa capacité de production

Par Virginie Monvoisin, le 20 juillet 2020

Après l'arrivée de nouveaux associés, Gaïago a déménagé à Saint-Malo. Entreprise fondée en 2011 à Saint-Rémy-du-Plain, en Ille-et-Vilaine, pour développer des produits de revitalisation des sols, elle affiche ses nouvelles ambitions : devenir un leader mondial dans son domaine. Pour cela, elle a multiplié par dix sa capacité de production.

Le nouveau siège social de Gaïago, à Saint-Malo.
Le nouveau siège social de Gaïago, à Saint-Malo. — Photo : © Virginie Monvoisin

Les anciens locaux de l’agence de communication Diazo, à l’entrée de Saint-Malo, affichent aujourd’hui une nouvelle enseigne : celle de Gaïago (1,8 million d’euros de chiffre d'affaires en 2019, 8 salariés). La société fondée en 2011 à Saint-Rémy-du-Plain, au nord de Rennes, a des ambitions internationales qui l’obligent à investir dans l’aménagement d’un espace plus grand. « Nous passons de 300 m² à 1 000 m² de surface de fabrication, ce qui va nous permettre, grâce à de nouvelles installations, de multiplier par dix notre capacité de production », détaille Charles Vaury, l’un des cinq nouveaux associés de Gaïago. L’entreprise, spécialisée dans la formulation, la fabrication et la commercialisation de produits revitalisants pour le sol, a en effet revu sa gouvernance en 2019, et mis en place de nouveaux axes stratégiques. Elle est aujourd’hui dirigée par deux des quatre fondateurs, Samuel Marquet et Francis Bucaille, associés à Jean-Pierre Princen et Charles Vaury (deux anciens de Goëmar), auxquels s’ajoute Laurent Gueroult.

Recréer des sols sains

« Notre ambition est claire : devenir le leader de la revitalisation des sols », lance Charles Vaury. Gaïago va commencer par communiquer autour de ses atouts pour élargir ensuite son portefeuille de clients (distributeurs ou agriculteurs). « Nos produits sont des activateurs universels des sols agricoles, rétablissant les équilibres minéraux et microbiologiques. Ils visent indirectement la plante », détaille le dirigeant. Ce sont des produits conditionnés sous forme liquide, 100 % naturels, constitués d’oligoéléments et d’acides végétaux par exemple. Les formules de ces prébiotiques ou probiotiques ont été mises au point par Francis Bucaille, expert agronome. Pour lui et ses collaborateurs, l’objectif est de recréer des sols sains, qui vont permettre une production alimentaire abondante et de qualité, dans un souci de développement durable et de transmission des terres.

Déploiement commercial à grande échelle

Après avoir séduit les agriculteurs et créé son réseau de distribution, Gaïago passe donc à la vitesse supérieure. Un déploiement commercial à grande échelle se prépare depuis son nouveau port d’attache à Saint-Malo. « Nous visons la distribution agricole », annonce Charles Vaury. Et donc augmenter la production. Avec des nouveaux équipements, celle-ci va pouvoir passer de 200 000 litres à 2 millions de litres fabriqués par an.

Un passage à l’échelle industrielle qui ne va pas se faire d’un seul coup. Une levée de fonds est en cours, auprès d’investisseurs privés. Cet apport d’argent frais va « financer la R & D, pour obtenir de nouvelles homologations notamment, mais aussi financer la partie marketing communication, et enfin le renforcement de l’équipe commerciale », précise Charles Vaury. Gaïago doit ainsi passer prochainement de 22 à 30 collaborateurs, avec des commerciaux mais aussi des techniciens de production, des assistants marketing et vente, et des soutiens à l’export.

Accélérer à l’export

Car si, jusqu’alors, Gaïago réalisait 80 % de son chiffre d’affaires en France, l’entreprise ambitionne une part à l’export de 60 % d’ici à cinq ans. « Nous allons nous développer en Europe du Nord, en Europe de l’Est et aux États-Unis principalement », précise Charles Vaury, pour qui le terrain de jeu est aujourd’hui mondial. « D’après l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 70 % des sols sont dégradés ou très dégradés à travers le monde. L’Homme a réalisé des cultures intensives, a beaucoup travaillé le sol, a utilisé des produits phytosanitaires. Et d’autre part, l’agriculture déstructure le sol. Il faut donc recréer un équilibre ». Une évidence ? Pas encore. « Aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs ne retravaillent pas leur sol, ils nourrissent leurs plantes. Gaïago veut transformer les modes de pensée : le sol ne doit pas être vu comme un substrat mais comme un outil de production vivant ». Une nouvelle recrue, Aude Bernardon-Mery (ex-Arysta) a d’ailleurs rejoint Gaïago en tant que directrice des homologations et du développement. Parmi ses axes de travail : lancer une nouvelle gamme de produits revitalisants pour le sol, en cours de recherche et développement.

Le nouveau siège social de Gaïago, à Saint-Malo.
Le nouveau siège social de Gaïago, à Saint-Malo. — Photo : © Virginie Monvoisin

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