Europe

Brexit : Quelles sont les régions de France les plus menacées ?

Par Pierrick Lieben, le 14 octobre 2019

Les régions françaises ne seront pas toutes égales face au Brexit. Si l’économie tricolore dans son ensemble pourrait pâtir du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, certaines parties du territoire et plusieurs filières locales risquent d’être plus exposées que d’autres. À commencer par la Bretagne et les Hauts-de-France.

Le port de Dunkerque a connu une hausse de trafic dans quasiment tous les domaines en 2017.
Le port de Dunkerque constitue l'un des principaux points d'entrée du Royaume-Uni sur le continent européen. La ville, comme l'ensemble des Hauts-de-France, sont aux premières loges, autant qu'en première ligne, du Brexit à venir. — Photo : Jean-Louis Burnod / Happyday

Si rien n’est sûr en matière de Brexit, une évidence s’impose tout de même : la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ne sera pas sans conséquence pour les entreprises françaises.

Des économies franco-britanniques étroitement liées

De fait, pas moins de 120 000 d'entre elles commercent avec l’autre rive de la Manche, dont plus des trois quarts sont des TPE-PME. La France a ainsi réalisé, avec les Britanniques, son meilleur excédent commercial bilatéral en 2018, selon la Direction générale du Trésor.

À la fois 6e client de l’Hexagone (32 milliards d’euros d’exportations) et 7e fournisseur (20 milliards d’importations), le Royaume-Uni est aussi le 3e investisseur étranger sur le territoire national et le 2e pays étranger d’implantation des entreprises françaises (3 800 filiales en 2016).

Pas étonnant, dès lors, que le gouvernement presse les dirigeants d'entreprise à anticiper les conséquences du Brexit. Avec, en ligne de mire, des craintes pour la croissance : l'Insee évaluait, en mars 2019, à 0,6 % du PIB français l'impact de la seule hausse des droits de douane, due au retour des frontières entre les deux entités, en cas de no-deal (divorce sans accord).

Bretagne et Hauts-de-France en première ligne

Les conséquences d'une séparation brutale entre Royaume-Uni et Union européenne pourraient toutefois varier d’une région française à l’autre.

En première ligne, à la fois géographique et historique, les Hauts-de-France et la Bretagne y seraient les plus sensibles, en tant que « principale porte d’entrée européenne » des Britanniques (par le biais du tunnel sous la Manche et des ports de Dunkerque, Calais, Brest et Saint-Malo), comme le soulignait une étude du Comité européen des régions (assemblée politique représentant les collectivités locales de l’UE), en 2018. Le tourisme et les transports pourraient notamment souffrir.

Les ports bretons l'ont déjà bien compris. Et en prévision de ces difficultés, la Région elle-même a mis en place un numéro vert, en début d'année, pour répondre aux interrogations de ses entreprises face au Brexit.

De son côté, les Hauts-de-France ont, très tôt, fait le pari qu'ils pouvaient bénéficier du divorce Europe-Royaume-Uni. D'ailleurs, le Comité européen des régions note qu'avec le Brexit, « des opportunités émergent » dans les deux régions, grâce à un regain de productivité attendu par rapport à l’Angleterre et une attractivité renforcée pour les investisseurs, issus des pays émergents notamment.

Plusieurs secteurs-clés fragilisés en région

D’autres territoires français pourraient toutefois se trouver fragiliser par le Brexit au niveau sectoriel, prévient le document du Comité européen des régions.

Ainsi, dans la chimie et la plasturgie, l’Auvergne serait la région la plus exposée de l’UE, du fait de l’ancrage de Michelin à Clermont-Ferrand. De même, l’agroalimentaire en Bretagne, et dans une moindre mesure en Pays de la Loire et ex-Champagne-Ardenne, pourrait également trinquer.

Enfin, l’ex-région Midi-Pyrénées, en raison de son industrie aérospatiale (l’un des secteurs d’activité où les échanges de biens sont les plus importants entre la France et le Royaume-Uni), fait partie des plus vulnérables du continent dans le secteur des transports. Plus globalement, sur toute l'Occitanie, ce ne sont pas moins de 8 000 entreprises qui pourraient être touchées par le Brexit, selon une estimation officielle rendue publique en début d'année.

Le port de Dunkerque a connu une hausse de trafic dans quasiment tous les domaines en 2017.
Le port de Dunkerque constitue l'un des principaux points d'entrée du Royaume-Uni sur le continent européen. La ville, comme l'ensemble des Hauts-de-France, sont aux premières loges, autant qu'en première ligne, du Brexit à venir. — Photo : Jean-Louis Burnod / Happyday

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