Quimper

Énergie

Enag : l'innovation comme locomotive

Par Pierre Gicquel, le 04 décembre 2017

Avant sa commercialisation, un produit Enag passe des tests draconiens
Avant sa commercialisation, un produit Enag passe des tests draconiens — Photo : Pierre Gicquel

Conversion d’énergie en milieu extrêmes, électronique de puissance, électromécanique et machines tournantes... Enag invente et fabrique elle-même depuis plus de 70 ans des systèmes que l’on retrouve sur et sous les mers, mais aussi dans les airs et sur les rails. C’est dans cette dernière partie que la société quimpéroise vient tout juste de lancer un nouveau système qui permet d’améliorer la vie des cheminots et des riverains du rail. Explications avec son président, Henri Le Gallais.

Enag fait la moitié de son chiffre d'affaires à l'international. Elle compte parmi ses clients de grands groupes de la Défense, de la marine marchande, de l'offshore, des EMR et du ferroviaire.
Enag fait la moitié de son chiffre d'affaires à l'international. Elle compte parmi ses clients de grands groupes de la Défense, de la marine marchande, de l'offshore, des EMR et du ferroviaire. - Photo : Pierre Gicquel

70 ans d’innovation

«Lors de la création d’Enag, l’idée de base était d’électrifier les fermes et les bateaux à la sortie de la guerre, en récupérant les alternateurs sur les camions laissés par les troupes américaines. » Depuis, l’entreprise a beaucoup évolué. Dernières innovations en date: le système Arpège en 2015 qui permet une économie de carburant de 30% pour les navires de pêche, ou encore le développement d’une gamme de batteries pour la plaisance.
 

Henri Le Gallais, président d'Enag, entreprise quimpéroise spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de conversion d'énergie.
Henri Le Gallais, président d'Enag, entreprise quimpéroise spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de conversion d'énergie. - Photo : Pierre Gicquel

Reprise en 2014


Arrivé en 2011 chez Enag, alors dirigée par Didier Margerand, Henri Le Gallais avait dans l’idée de reprendre l’entreprise. Ce sera chose faite en 2014, avec cinq cadres de l’entreprise qui ont cru en son projet. Même si, à ce moment là, la conjoncture n’était pas favorable: «Nous avons connu une période difficile en 2014-2015 mais aujourd’hui ça va mieux. Nous n’avons jamais arrêté d’innover. Dans ce marché de niche, avoir un temps d’avance est essentiel, notamment face à de grands groupes qui possèdent une grosse capacité de production sérielle. Notre atout, c’est de proposer des produits fiables, pouvant supporter des conditions extrêmes. Nos clients sont de grands groupes comme Thalès, STX, Naval Group, NBDA, Airbus, ABS, Atex, etc.»
La société compte aujourd’hui 90 salariés dans tous les métiers de l’usinage et un véritable bureau d’études qui compte le tiers des salariés. Son chiffre d’affaires avoisine les 13 millions d’euros: un tiers réalisé dans la Défense, un autre auprès de la marine civile, le reste étant divisé entre l’industrie, l’énergie, l’offshore et pour 15 % dans le ferroviaire.

 

Enag vient de développer un système complet qui permet à une locomotive diesel, œuvrant notamment sur des portions non électrifiées du réseau ferroviaire, de passer pendant plus d'une heure sur l'énergie de ses batteries.
Enag vient de développer un système complet qui permet à une locomotive diesel, œuvrant notamment sur des portions non électrifiées du réseau ferroviaire, de passer pendant plus d'une heure sur l'énergie de ses batteries. - Photo : Enag

Une locomotive hybride

«Suite à une demande d’un client en Île-de-France, en un an, nous avons développé, fabriqué, testé et mis en service un système complet de traction sur batterie pour une locomotive de travaux.» La problématique étant qu’un moteur diesel doit tourner en permanence pour ce genre de locomotive. «Cela consomme, ça fait du bruit pour le voisinage et dans les tunnels, cela n’est pas bon pour ceux qui travaillent autour.» Enag a donc ajouté au moteur diesel un second moteur électrique, équipé de batteries lithium-ion dont l’autonomie est supérieure à 1h en roulant à 12 km/h. «Soit quatre ou cinq heures en travaux, car ses batteries peuvent être chargées à quai en se branchant sur le réseau électrique ou sur un groupe électrogène, soit avec l’alternateur du moteur diesel, soit lors du freinage.» Le coût d’une telle installation? «Inférieur à 1 million d’euros par locomotive», assure le dirigeant, qui confie avoir d’autres clients intéressés à l’étranger. Et d’autres innovations dans sa manche pour bientôt.

 

L'atelier de montage d'Enag voit passer des systèmes de conversion d'énergie, de l'électronique de puissance, de l'électromécanique ou encore des machines tournantes.
L'atelier de montage d'Enag voit passer des systèmes de conversion d'énergie, de l'électronique de puissance, de l'électromécanique ou encore des machines tournantes. - Photo : Pierre Gicquel
Avant sa commercialisation, un produit Enag passe des tests draconiens
Avant sa commercialisation, un produit Enag passe des tests draconiens — Photo : Pierre Gicquel

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