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Ressources humaines

Interview Renaud Ponsot (LIP) : "Aujourd'hui, plus de la moitié de nos agences ont été touchées par le Covid"

Entretien avec Renaud Ponsot, directeur général du groupe LIP

Propos recueillis par Pierre Lelièvre - 18 janvier 2022

Promu directeur général en charge du réseau du groupe LIP, dédié à l’intérim qualifié, Renaud Ponsot dresse les projets de développement du groupe et l’acquisition de six agences Agentis, dans un effort d’agilité face à la reprise épidémique.

Pour Renaud Ponsot, nouveau directeur général du Groupe Lip, les difficultés actuelles se situent "dans la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, Covid ou pas Covid."
Pour Renaud Ponsot, nouveau directeur général du Groupe Lip, les difficultés actuelles se situent "dans la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, Covid ou pas Covid." — Photo : DR

Vous venez de prendre vos fonctions comme directeur général du groupe LIP (CA 2021 : 343 M€ ; 580 salariés) aux côtés de Thierry Labalme. Quelles seront vos missions sous l’autorité de Fabrice Faure, fondateur et PDG du groupe ?

Nous avons pris nos fonctions au 1er janvier 2022. Thierry Labalme est présent dans l’entreprise depuis près de sept ans, il occupait les fonctions de directeur administratif et financier. Il a un parcours dans l’industrie après avoir travaillé pour Saint-Jean industrie. Il prend en charge les fonctions de directeur général en charge des services : gestion, DSI, RH, comptabilité…
De mon côté, j’évolue dans le groupe depuis 2010 comme directeur commercial. J’ai été nommé pour piloter et prendre en charge le développement managérial et commercial des 150 agences en France, Belgique, Suisse et au Luxembourg.

Pourquoi choisir une direction à trois têtes avec Fabrice Faure comme président.

Fabrice Faure veut structurer le groupe. C’est quelqu’un de visionnaire dans le sens où il a fondé le groupe LIP il y a 17 ans et l’a amené là où il est aujourd’hui à 343 millions d’euros de chiffre d’affaires, près de 150 agences et a su garder son indépendance. Le projet pour 2025 est ambitieux puisqu’on souhaite atteindre 750 millions d’euros de revenus sur notre marché. Pour y parvenir, il y a besoin de structurer l’entreprise. En 2022, on vise 400 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Justement, où le groupe en est-il dans son projet de doubler de taille en cinq ans ?

Le groupe LIP va très bien. Malgré le contexte de crise sanitaire, 2021 a été une année très positive avec une activité qui est repartie très fortement. On clôture avec un chiffre d’affaires de 343 millions d’euros, soit 3 % de plus que prévu. Nous venons de racheter Agentis, une société de six agences qui nous permet de densifier notre maillage géographique. Avec cette intégration, on s’implante sur un territoire qui était vierge de toutes agences à Poitiers, Niort, Bressuire, Châtellerault, Tours et La Rochelle. On partage une vision globale et un business corrélé au nôtre c’est-à-dire plutôt spécialisé métiers et une clientèle de PME.

En parallèle, le projet d’ouvrir 24 agences en deux ans se poursuit-il ?

Nous continuons de mettre en œuvre le "Projet24". On avance avec des ouvertures déjà réalisées à Caen, Rouen, Perpignan et Valence. Bordeaux ouvre prochainement. Le groupe se construit sur ces deux axes de croissance avec un développement maîtrisé dont 60 % de notre développement provient d’une croissance organique.

Quels sont les impacts de la reprise épidémique sur vos activités ?

Nous sommes tous impactés par le Covid. Du côté de nos permanents qui travaillent en agence, nous avons mis en place le télétravail tout en gardant une présence en agence. Cela suppose une organisation en constante adaptation. Aujourd’hui, plus de la moitié de nos 150 agences ont été touchées par le Covid à la fois directement (Covid positifs ou cas contact, NDLR) et indirectement (absences pour enfants malades, NDLR). C’est important que nos intérimaires ne se sentent pas mis de côté.

Quelles sont les conséquences pour vos clients et vos intérimaires ?

Ils sont évidemment touchés. Certaines entreprises ne peuvent plus recevoir d’intérimaires, faute d’encadrement mais parviennent à jongler et à se débrouiller. Pour nos intérimaires qui sont généralement sur des contrats plus longs que ce qui se fait traditionnellement dans l’intérim, de l’ordre d’un ou deux mois, on percevra les conséquences à la fin du mois. Aujourd’hui, on ne sait pas le mesurer puisque les effets de l’épidémie sont vraiment visibles depuis début janvier.

Faites-vous face à une augmentation de la demande en intérimaires du fait de la hausse de l’absentéisme en entreprise ?

Nous ne le percevons pas, même si ça existe. Les entreprises sont devenues extrêmement résilientes. Ce qui ne se fait pas aujourd’hui, se fera demain. Nos clients préfèrent attendre quelques jours le retour de leurs collaborateurs plutôt qu’à devoir composer en urgence. Cet effet, je pense, se perçoit parce que nous sommes positionnées sur des emplois spécialisés et qualifiés. Nous ne sommes pas sur des chaînes de production comme peuvent l’être certaines entreprises de l’intérim qui doivent sous pression assurer le remplacement des salariés absents pour Covid.

Trouvez-vous en quelque sorte votre salut par un positionnement marché sur des métiers qualifiés et spécialisés ?

Il y a chez nous une notion de compétences qui est primordiale et qui nous préserve de cela. Covid ou pas Covid, le problème actuel se situe dans la pénurie de personnels qualifiés. On vit une situation particulièrement compliquée qui incite nos clients à attendre que leurs équipes reviennent, encore plus s’ils sont contents et satisfaits des compétences de leurs intérimaires. Sur les 150 agences sous ma responsabilité comme directeur général, toutes font face à des problèmes de pénuries de main-d’œuvre qualifiée depuis deux ans. Le phénomène n’est pas nouveau.

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