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Yoann Joubert à propos de YelloPark : « On s’est permis de croire que c’était possible »
Interview Nantes # Immobilier

Yoann Joubert Yoann Joubert Yoann Joubert à propos de YelloPark : « On s’est permis de croire que c’était possible »

C’est lui qui a pris l’initiative de contacter Waldemar Kita. Yoann Joubert, fondateur et P-dg du groupe immobilier Réalités, s'associe à parité avec le président du FC Nantes dans YelloPark, une nouvelle société qui portera le projet de nouveau stade pour le club de football nantais. De quoi donner un nouvelle dimension à son groupe coté. Interview.

— Photo : Stéphane Menoret

Parmi les grandes villes françaises, seul Lyon avait choisi jusqu’ici un mode de financement totalement privé pour la construction de son stade. Nantes a choisi la même voie en annonçant que la construction du nouveau stade des Canaris sera financée à 100% par la société privée YelloPark. Cette nouvelle entité qui portera le projet est détenue à parité par le holding personnel du président du FC Nantes Waldemar Kita et le groupe d'ingénierie immobilière nantais Réalités. Le coût du futur stade, qui devrait voir le jour en 2022, est estimé à 200 millions d’euros.

Yoann Joubert, fondateur et P-dg du groupe Réalités, revient sur les origines de ce projet.

Le Journal des Entreprises : Comment s’est monté ce projet ?

Yoann Joubert : Cela fait quelques années que l’on entend le président du FC Nantes Waldemar Kita déclamer son besoin d’un nouvel équipement. Cela fait des années que l’on entend la collectivité dire qu’elle ne le financera pas sur fonds publics. Cela nous a interpellé. On s’est dit que l’on devait avoir une autre manière de régler cette difficulté. On s’est rapproché de Waldemar Kita. On lui a proposé une approche, qu’il a acceptée et portée avec nous. On l’a présentée à Johanna Rolland (maire de Nantes, NDLR) et depuis un an, on travaille à faire des pré-études pour vérifier la faisabilité financière, juridique et immobilière de l’opération.

Vous êtes un jeune acteur, il y en avait d’autres qui auraient pu s’associer à ce projet-là. Comment avez-vous fait pour rafler la mise ?

Y.J. : On ne rafle pas la mise, on crée l’opportunité. Dans le monde d’aujourd’hui, il faut être agile, il faut croire en ces idées, être force de proposition. Probablement que trop d’acteurs ont attendu que tout vienne des collectivités locales, particulièrement sur les grands équipements. Là, on s‘est permis de croire que c’était possible de le faire autrement. On n’a rien raflé du tout, on a eu des idées qu’on a proposé et réussi à convaincre.

C’est un énorme dossier pour la taille de votre entreprise. Est-ce que vous avez les reins assez solides pour le porter ?

Y.J. : On pense qu’on a la capacité de le faire. Le fait d’être coté en bourse donne un accès au capital plus facile. Mais à l’heure actuelle, on pense qu’on a les ressources financières de le faire seul. Le défi n’est pas seulement financier, il est aussi humain et managérial. Il faut mobiliser des équipes complémentaires à celles qui travaillent habituellement chez Réalités. C’est un nouveau métier pour nous, qu’on souhaite développer, qui représente de notre point de vue l’avenir de la maitrise d’ouvrage. C’est une première expérience pour nous qui est significative. On pense qu’on est capable de la mener à bien.

Vous changez d’échelle avec une opération de ce type-là..

Y.J. : C’est un moment charnière pour l’entreprise. On est en route vers 200 millions d’euros de chiffre d’affaires à l'horizon 2019/2020. On est en train de rénover la manière de faire de l’urbanisme et de mener des grands projets. Cela va propulser Réalités sur de nouveaux territoires complémentaires à notre stratégie de base. J’espère qu’on va réussir à capitaliser là-dessus, et réussir à bâtir une entreprise qui va devenir une ETI, et peut-être d’une ETI un groupe un peu plus significatif.

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