Wirquin fait de nouveau parler la poudre. À peine un an après avoir acquis Aimas, un des leaders chinois de la fabrication d'accessoires sanitaires, le groupe de Carquefou vient de conclure le rachat à 100% du Britannique CME et de ses 240 salariés. Disposant de deux sites outre-Manche, à Doncaster (lieu de son siège social) et à Manchester, cette entreprise exploite les marques Celmac (abattants de sanitaires), Macdee (mécanisme de chasse d'eau et réservoirs) et Ecoplay (recyclage d'eau), distribuées pour majeure partie sur le marché national, mais également au Moyen-Orient et à Hongkong. À la clef, un chiffre d'affaires qui a atteint 30M€ en 2010. De quoi faire de CME un gros poisson: à titre de comparaison le chinois Aimas affichait, lors de son acquisition en 2009 par Wirquin, des revenus deux fois moindres. Avec ce rachat, le groupe carquefolien rassemble désormais 1.300 salariés, répartis sur onze filiales et neuf sites de production, et pèse 130M€ de chiffre d'affaires sur le marché des accessoires sanitaires. Le montant consacré à la reprise de CME, financée sur fonds propres et soutiens bancaires, n'est pas communiqué. Reste qu'il y a encore deux ans, l'entreprise avait été rachetée pour près de 15M€ par ses managers au groupe britannique Polypipe, que Wirquin connaît d'ailleurs fort bien. «Il y a quinze ans, ils avaient essayé de nous racheter. Finalement, c'est nous qui reprenons aujourd'hui tout un ancien pan de leur activité», s'amuse Daniel Le Coënt, l'emblématique P-dg de Wirquin. Devenue Wirquin UK, CME conservera ses marques commerciales et sera toujours dirigée par son actuel P-dg, Brian Watson.
50M€ de chiffre d'affaires visés au Royaume-Uni
«L'enjeu maintenant, c'est de faire fonctionner l'entreprise à la mode Wirquin. Il faut bien le dire, CME était une ?vieilledame?, très forte sur ses produits, mais manquant un peu d'innovation, ce qui est un axe fort de notre groupe. Nous allons donc insuffler de la nouveauté», expose Daniel Le Coënt. Cela contribuera à appuyer des ambitions en matière de développement? Il s'agit en effet de voir la filiale dégager au moins 50M€ de revenus d'ici à cinq ans. «Au même horizon, je vise pour l'ensemble du groupe un CA de 150 à 200M€. Mais cela ne devrait plus forcément passer par des rachats. Nous avons repris ces deux beaux morceaux, il faut maintenant digérer», indique le P-dg de Wirquin, qui parle d'expérience. Le groupe devrait en effet finaliser seulement à la fin de cette année la remise à plat de ses activités chinoises, avec le rapprochement d'Aimas et de son autre usine locale sur un seul et même site. «Ce type de réorganisation et d'intégration nécessite du temps. Nous avons pris un peu de retard sur le volet des moules et des machines. Mais ça y est, nous venons de passer Iso9001 en Chine. L'investissement va payer», poursuit Daniel Le Coënt. De quoi offrir de belles perspectives au groupe et contrer la croissance relativement molle qui frappe le marché français du sanitaire.
Wirquin s'implante en Grande-Bretagne en reprenant CME, un poids lourd de la fabrication d'accessoires sanitaires. Le groupe de Carquefou met ainsi la main sur 30M€ de chiffre d'affaires.