Le cabinet toulousain de conseil Willing (300 collaborateurs, CA 2024 : 22 M€, CA prévisionnel 2025 : 35 M€), spécialiste local des transformations numériques à impact, sort d’un été riche en mouvements. En juillet, l’entreprise en forte croissance a renforcé la structuration de sa gouvernance en nommant deux nouvelles associées, qui ont rejoint le comité exécutif : Camille Lebrun-Grandié, directrice marketing et communication, et Marion Ravet, directrice commerciale France.
Deux premières acquisitions
Par ailleurs, Willing a signé ses deux premières opérations de croissance externe. Début juin, l’entreprise a acquis SK Consulting (20 collaborateurs, CA 2023 : 1,80 M€), cabinet de conseil en organisation et management basé à Nantes (Loire-Atlantique), reconnu pour son expertise dans les secteurs de la banque et de l’assurance. Six semaines plus tard, elle a officialisé l’intégration dans son giron du groupe nordiste Altera (35 collaborateurs, CA 2024 : 7,50 M€), un acteur historique du conseil en transformation établi dans la métropole lilloise depuis 20 ans.
Avec ces deux acquisitions, qui en appellent d’autres, Willing poursuit le déploiement de son plan stratégique « One Willing 2026 », dont l’objectif est de muscler sa présence territoriale pour répondre aux besoins spécifiques de ses clients (entreprises et collectivités régionales). L’entreprise compte déjà 9 bureaux en France et à Genève (Suisse). La présence de la société parisienne de capital-investissement Activa Capital, actionnaire à 33 % depuis son entrée fin 2022, et qui se démarque par une stratégie proactive de build-up (stratégie de croissance basée sur l'acquisition d'autres sociétés de son secteur), a porté ses fruits.
Une tonalité plus internationale
Mais la trajectoire de Willing, société créée en 2016, ne s’arrête pas là. « Un nouveau LBO interviendra dans les 18 mois », annonce Benjamin Provost, son président fondateur et seul actionnaire majoritaire, ingénieur en génie physique de formation passé par Airbus, Altran et qui a accompli entretemps une mission de collaborateur parlementaire. « Le prochain investisseur aura une tonalité plus internationale, ajoute-t-il. C’est le sens de l’histoire que de diversifier nos zones d’activités. » Le Canada, l’Inde, l’Europe continentale, le Maroc ou encore l’Afrique du Sud retiennent particulièrement l’attention de Willing. « La cyber, la data et l’intelligence artificielle n’ont pas de frontières et la demande est énorme », constate le dirigeant.
La création de Willing IA
Convaincu que « la maîtrise des data sera le pétrole du XXIe siècle » et par l’importance de « la capacité de la traiter grâce aux algorithmes d’IA », Benjamin Provost est en train de finaliser la création d’un département de Willing dédié à l’IA appliquée qui sera opérationnel d’ici la fin de l’année, dans la continuité de Willing Technologies, le centre d’expertise en date engineering de l’entreprise. « Nous construisons une équipe avec un premier noyau d’une demi-douzaine de personnes, explique-t-il. Elle mènera des travaux de R & D, elle développera des outils pour équiper le cabinet en interne et nos consultants. Et elle nous permettra d’aller au bout de la chaîne de valeur. Nous pourrons non seulement conseiller notre client sur la bonne manière de s’équiper mais aussi produire nous-même l’outil dont il a besoin pour améliorer sa performance. »
Un programme d’actionnariat salarié
Le prochain LBO doit également permettre de consolider la présence du management au capital de l’entreprise et de développer un programme d’actionnariat salarié, via la création d’une ManCo. « Ce qui est important pour moi, c’est que Willing reste un projet industriel, et non pas un projet financier », conclut le dirigeant, qui prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros dans les 5 ans, en accompagnant ses clients du public et du privé.