Leafy LLC. C'est sous ce nom que Vilmorin prend place aux États-Unis. La joint-venture réalisée avec Harris Moran, autre filiale du groupe Limagrain, a pour objectif de positionner la société comme l'un des leaders sur le marché américain des semences pour la laitue (voir interview).
«Un acteur incontournable dans le monde»
Pour Vilmorin, c'est la huitième filiale dans le monde après des entités présentes en Turquie, en Italie, en Espagne, aux États-Unis, au Brésil, au Maroc et en Chine. «Dans les trois ans qui viennent, nous aurons une nouvelle implantation à l'étranger», confie même Rodolphe Millet, directeur général de Vilmorin depuis 2008. Russie, Moyen-Orient, bassin méditerranéen et Amérique Centrale représentent les zones ciblées. «Notre développement s'assoit sur quatre piliers: deux mondiaux et deux régionaux. C'est simple: sur au moins deux de nos trois produits phares que sont la carotte, la tomate et la laitue. Nous nous devons d'être leaders et incontournables dans le monde. Ce n'est pas encore le cas partout.» D'où la volonté d'étendre encore la zone d'influence de Vilmorin pour remplir un double objectif: être capable d'offrir des semences au monde tout en s'adaptant aux marchés locaux. L'activité de Vilmorin connaît une croissance annuelle régulière «à deux chiffres» depuis quelques exercices. Pour 2009, le CA a atteint 92M€ sur un marché de la semence mondiale porté (+10%) par le couple demande-produits. En Amérique Centrale, en Asie ou en Europe Orientale, des pays connaissent une croissance démographique et/ou un changement de consommation qui induit un besoin en semences. «Dans 15 ans, les marchés vont également basculer vers l'hybride. C'est indéniable et indispensable. Nous avons 25% de la population mondiale qui ne possède que 7% des terres cultivables. La seule solution pour augmenter les rendements et rendre les plants plus résistants, c'est d'augmenter la performance des graines.»
La sélection variétale: un fondement
Ancrée dans les gênes depuis 1856, la sélection variétale demeure le fondement de l'entreprise. Vilmorin y crée sa valeur ajoutée et y dégage par ce biais une partie de sa marge dans un marché ultra-concurrentiel. L'investissement dans la recherche et le développement représente 14% du chiffre d'affaires du groupe et monopolise près de 200 personnes sur les 600 collaborateurs de Vilmorin. Partout dans le monde, le semencier réalise des tests sur treize espèces de plants. Dans ce cadre, une croissance externe n'est pas exclue. «On a toujours besoin d'avoir du matériel génétique», se contente d'avancer Rodolphe Millet.
17M€ investis à La Ménitré
En attendant cette hypothétique opération, le coeur de la recherche se trouve bien dans le Maine-et-Loire. «Le noyau des programmes de recherche et l'équipe de sélection se trouvent à la Ménitré», confirme Rodolphe Millet. Ce n'est donc pas un hasard si le quatrième semencier mondial de plantes potagères et de grandes cultures s'est doté en fin d'année d'un laboratoire entièrement confiné afin de réaliser des tests de résistance des pucerons notamment sur la laitue et la maîtrise des élevages en grand volume. «On va gagner du temps et en efficacité. On pourra tester différents croisements possibles de la laitue. On met le paquet sur cette espèce. Nous sommes sur des processus longs de fabrication de produits à haute valeur ajoutée. C'est essentiel de s'équiper en outils plus performants.» Une suite logique de l'investissement sur le site de la Ménitré qui finalisera en septembre2010 la rénovation industrielle entamée en 2007 pour près de 17M€.
Semencier mondial installé dans le village de La Ménitré, Vilmorin accentue sa stratégie internationale. Avec une récente joint-venture aux USA, il mise notamment sur la laitue pour augmenter ses parts de marché.
Thomas Giraudet