Vendée
Vendée : La grogne des patrons
Vendée # Réseaux d'accompagnement

Vendée : La grogne des patrons

Medef, CGPME, Chambre de métiers d'un côté, UPA, Capeb et Cnatp de l'autre : les patrons vendéens rivalisent de créativité pour se faire entendre.

Le président de la CGPME s'élève dans une montgolfière chargée de gros sacs portant les mentions « TVA », « taxes » et « impôts ». Puis il laisse tomber les poids avec un mot d'ordre « lâchez du lest ! ». La symbolique est très simple : « la montgolfière représente l'entreprise et l'emploi bridés », explique Robert Jousset, acteur d'un jour. Lâcher du lest sur la fiscalité, bien sûr, mais aussi en stoppant l'inflation des mesures législatives ou l'instabilité réglementaire. Organisée le 29 novembre au Poiré-sur-Vie, la manifestation a rassemblé très largement du Medef à la CGPME en passant par la CCI, la Chambre des métiers, la FFB, l'UIMV... Au total 13 fédérations et organismes ont fait le déplacement. « Il faut se regrouper au-delà des clivages et dialoguer, au sein du patronat et avec les salariés, en s'appuyant sur les points d'accord, insiste Michel Ferré, directeur d'agence MMA, également président du Conseil des prud'hommes de La Roche-sur-Yon. L'accord national interprofessionnel -l'ANI - sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi est un bon exemple. »En Vendée plusieurs mouvements de grogne patronale ont récemment vu le jour, avec comme dénominateur commun la baisse des charges. L'Union Professionnelle Artisanale (UPA), réunissant notamment la Capeb (bâtiment) ou la CNATP (travaux publics et paysage), a ainsi décliné localement le mouvement national des « sacrifiés ».




UPA à Coëx et Medef au Poiré

À Coëx, plusieurs dizaines d'artisans et commerçants ont fait entendre leurs voix, dans une commune « appelée à s'appauvrir si rien n'est fait en faveur du maintien de l'économie de proximité ».Parmi les principales revendications figure l'extension aux travailleurs indépendants du crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE), voire son remplacement par une baisse directe du coût du travail. Ou encore le rétablissement de l'indemnité de 1.000 euros pour le recrutement d'un apprenti pour toutes les PME de moins de 50 salariés. En France, les sacrifiés ont déjà recueilli 200.000 signatures, leurs affiches fleurissent sur les vitrines vendéennes. Et leur vidéo choc (montrant un représentant de la république annoncer à des commerçants qu'ils ont été choisis pour être sacrifiés), circule sur le web. Lancée le 13 novembre, l'action leur a permis de rencontrer le ministre du Budget, et a contribué à obtenir des résultats. « On a la quasi-certitude que la TVA sera ramenée de 7 % à 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique et autres travaux induits, et non pas portée à 10 % enjanvier », indique Jean-Luc Ballesteros, secrétaire général de l'UPA Vendée.




Se démarquerdes bonnets rouges

Entre le happening et le coup de com' pour faire le buzz, la méthode peut surprendre. « On veut exprimer notre mécontentement de manière sympathique, dans le respect du bien public », explique Philippe Bellante, président du Medef Vendée, se démarquant clairement de l'action des bonnets rouges en Bretagne. L'UPA s'est, elle, dotée pour la première fois d'un budget communication national. « On se démarque aussi des actions extrémistes ou poujadistes. Car on propose des solutions, assure également Jean-Luc Ballesteros. On peut toutefois se comparer un peu aux pigeons, qui via Facebook et Twitter ont lancé une action virale », Ces derniers avaient, eux aussi, obtenu un fort écho.

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