Pierre Regnier, bientôt diplômé de l'école d'ingénieur angevine Eseo, est à la fois président de Velco, l'entreprise qu'il a fondé l'an dernier. Et étudiant. « En ce moment, j'effectue mon stage dans ma propre entreprise, raconte-t-il. Nos bureaux sont à Angers et à Nantes, où nous bénéficions des incubateurs d'Audencia et de l'Eseo ». Lui-même cycliste, il travaille avec son équipe à la mise au point de sa solution depuis un an et demi : « Avec Velco, outre la conception d'un système électronique de guidon intelligent lié à une application smartphone, nous collectons des données, via le guidon et l'appli, pour créer des services destinés aux cyclistes, aux villes et aux assurances ». Concrètement, le guidon connecté et son appli Wink répondent à trois freins à la pratique du vélo : le vol (1.000 vélos sont volés chaque jour en France, donc seuls 3 % sont retrouvés), les accidents et un manque d'infrastructures dans les villes. Ainsi les fonctions de Wink comprennent la géolocalisation du vélo, le guidage itinéraire avec signaux lumineux sur le guidon (brevet déposé) et les phares intégrés à l'avant avec des feux de position qui permettent aux cyclistes d'être visibles en tout temps.
Des services premium spécifiques
Ces services viennent compléter l'offre de Velco, moyennant un abonnement d'un euro par mois. « Nous proposons l'envoi de SMS à des contacts pré-enregistrés en cas d'accident détecté par le guidon. Pour les parents de jeunes enfants, il est possible d'identifier des zones de sécurité, comme l'école, la maison ou la salle de sport, et de recevoir un SMS lorsque l'enfant est bien arrivé. » Velco, grâce à ses collectes de données via Wink, propose aux villes des rapports ayant pour objectif de leur fournir des indications concernant la construction d'infrastructures. « Par exemple, nous pouvons identifier les lieux les plus pertinents pour construire les bornes pour attacher les vélos, ainsi que pour installer des pistes ou des bandes cyclables, en fonction du nombre d'accidents ou de la fréquentation de la zone par des enfants ». Côté assurances, les statistiques d'accidents et de vols de vélo les rebutent. « Pourtant, le vélo est le moyen de transport de la ville de demain, estime Pierre Regnier. Les assureurs ont donc intérêt à se positionner sur ce mode de transport. »
Une première levée de fond
de 300.000 ?
Soutenue par les banques et des business angels angevins et nantais, la start-up prévoit un développement commercial dès 2017. « Nous finalisons une première levée de fond de 300.000 ? d'ici à novembre pour lancer l'industrialisation du produit et sa commercialisation. Un deuxième tour de table d'un million d'euros est prévu en septembre 2017 pour accélérer la commercialisation en France et financer l'export ». L'équipe de Velco ? sept personnes aujourd'hui ? anticipe 100.000 ? de chiffre d'affaires d'ici à la fin de l'année grâce aux pré-commandes. « Nous avons essentiellement communiqué via la presse, sur des salons ou lors de l'étape du Tour de France à Angers, mais les retombées sont très prometteuses avec des réservations de particuliers, mais aussi un intérêt marqué de magasins spécialisés, de fabricants de vélo et de distributeurs ». Développé en partenariat avec La Cité de l'objet connecté, le guidon sera produit entre Angers et la Normandie. Les premières livraisons sont prévues pour janvier et l'arrivée en magasin en avril 2017. Avec un objectif pour 2018 : un million d'euros de chiffre d'affaires
. www.velco.fr
Avec leur guidon connecté Wink, Pierre Regnier -étudiant-entrepreneur- et ses associés se positionnent sur un marché encore vierge et tablent sur 1 millions d'euros de CA en 2018.