Hauts-de-France
Valdunes Industries et Saarstahl Ascoval scellent un accord pour produire des roues ferroviaires bas-carbone
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Valdunes Industries et Saarstahl Ascoval scellent un accord pour produire des roues ferroviaires bas-carbone

Le fabricant nordiste de roues ferroviaires Valdunes Industries, filiale du groupe coté Europlasma, a annoncé le 23 septembre un protocole d'accord avec l'aciériste Saarstahl Ascoval, sans montant communiqué. La filiale a réalisé 31,7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, pour environ 190 salariés.

— Photo : Europlasma

Cet accord vise à développer une nouvelle génération de roues ferroviaires à faible empreinte carbone, que le groupe coté désigne comme des "roues vertes". Les premières livraisons sont annoncées pour la fin de l'année 2026, soit moins de quatre mois après la signature.

Une boucle de recyclage entre l'aciérie et la forge

Le dispositif décrit par Europlasma repose sur un circuit fermé. Les roues arrivées en fin de vie doivent être récupérées auprès des opérateurs ferroviaires. Leur acier sera ensuite refondu par Saarstahl Ascoval, sur son site de Saint-Saulve, pour produire un acier bas-carbone. Valdunes Industries fabriquera à partir de cette matière des roues neuves, dont le groupe assure qu'elles conserveront les mêmes caractéristiques et les mêmes performances que les produits actuels.

Saarstahl Ascoval fonctionne déjà à partir de ferrailles recyclées, via un four à arc électrique associé à une coulée continue. Filiale française du groupe allemand Saarstahl, l'aciériste a réalisé 200 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, contre 239 millions un an plus tôt. Il emploie entre 250 et 499 salariés, selon les données Insee de 2023.

Une production locale mise en avant par le groupe

Europlasma fait valoir que l'ancrage des deux sites dans les Hauts-de-France réduira les émissions liées à la fabrication et au transport des roues. Le groupe présente également l'accord comme une contribution à la consolidation d'une chaîne d'approvisionnement française. Aucun chiffrage de la réduction d'empreinte carbone n'est fourni à ce stade.

L'enjeu industriel est réel. En effet, Valdunes Industries reste le dernier producteur français de roues et d'essieux ferroviaires. Ses deux sites de Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes, et de Leffrinckoucke, aux portes de Dunkerque, ont été repris en mars 2024 par Europlasma, après un redressement judiciaire ouvert fin 2023. La filiale a enchaîné les contrats à l'export depuis le début de l'année, aux États-Unis, en Amérique latine, en Europe du Nord et en Afrique australe.

Un partenariat annoncé dans un contexte financier tendu

Le protocole intervient alors que la maison mère traverse une période difficile. Europlasma a publié un chiffre d'affaires consolidé de 70,4 millions d'euros en 2025, pour une perte nette de 37,9 millions et des capitaux propres négatifs de 24,3 millions. Ses commissaires aux comptes ont indiqué ne pas être en mesure de certifier les comptes, en raison d'incertitudes sur la continuité d'exploitation.

Le sort de Valdunes reste suspendu à plusieurs échéances. L'État a consenti en août un prêt de 2 millions d'euros pour couvrir les salaires de l'été sur les deux sites nordistes. Les activités de défense hébergées chez Valdunes figurent en outre dans le pôle qu'Europlasma négocie de céder. Le périmètre comprend aussi les Forges de Tarbes, FDB Industries et Lafayette Défense. La finalisation est annoncée au plus tard le 15 octobre 2026.

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