Usine du futur : « Nous sommes au coeur d'un profond changement »
# Industrie # Innovation

Usine du futur : « Nous sommes au coeur d'un profond changement »

La 13e conférence HSM, axée sur l'usine du futur, organisée par l'Université de Lorraine et l'ENSAM, s'est déroulée à Metz, avec la présence d'industriels et de d'universitaires venus de 30 pays. L'occasion de faire le point sur les innovations dans ce domaine.

« Nous avons choisi de faire intervenir des groupes français, car notre conférence est internationale, et ce sont des groupes connus à l'étranger. Mais d'un point de vue global, les entreprises de Lorraine préfèrent souvent rester discrètes en ce qui concerne leurs développements au niveau de l'usine du futur. Et c'est vrai que la présentation notamment de Safran, donne de nombreux détails, et un professionnel averti pourrait très bien s'en inspirer », explique Alain d'Acunto, enseignant-chercheur et chargé de missions en formation continue à l'ENSAM (École nationale supérieure d'Arts et Métiers) de Metz. Durant deux jours, les 4 et 5 octobre, Metz a été au coeur de l'usine du futur. À L'Arsenal était en effet organisée la treizième conférence HSM (High Speed Machining), un congrès sur l'usinage à grande vitesse, qui réunit des universitaires et des industriels. L'organisation était assurée par des enseignants-chercheurs du campus Arts et Métiers de Metz, membres du laboratoire lorrain LEM3, en partenariat avec l'Université de Lorraine. « Cette année, il y a eu 136 participants, venus d'environ trente pays différents. Un tiers était des industriels ».

L'usine du futur déjà présente dans les années 1980

Les interventions ont mis en avant les enjeux de l'usinage pour la construction de l'usine du futur (Arts et Métiers est notamment partenaire de l'Alliance Industrie du Futur lancée par le gouvernement en juillet 2015). De nombreux industriels étaient notamment présents afin d'évoquer leurs innovations. Safran a par exemple parlé de l'usinage des pièces réalisées par impression 3D métal pour l'industrie aéronautique. Fives Machining est intervenu sur la conception des machines usinant des pièces de grandes dimensions comme les ailes de l'avion A380. Missler et Cgtech Vericut ont également mis en avant les avancées en simulation numérique en usinage. Evatec de Thionville, spécialisée dans la fabrication d'outils coupants spéciaux pour l'industrie, était également présente. « L'usine du futur est au coeur des expérimentations, des développements des entreprises aujourd'hui. Mais ce qui est intéressant, c'est que nous entendions déjà parler d'usine du futur dans les années 1980, on commençait à imaginer des usines autonomes, on appelait ça des usines flexibles », dévoile Alain d'Acunto. « Les concepts étaient là, mais les solutions réelles, physiques et informatiques ne l'étaient pas. Les robots, les machines et les produits que l'on fabriquait n'étaient eux pas pensés pour être automatisés. C'est une lente maturation qui s'est faite jusqu'à aujourd'hui, et elle n'est pas finie, nous ne sommes qu'au début de l'usine du futur. »

Une cohabitation avec les machines

Pour Alain d'Acunto, l'usine du futur se définit sous différents aspects. « Tout d'abord, toutes les entreprises ne sont pas concernées de la même manière par l'usine du futur, cela dépend de leur production, de leur secteur d'activité. On parle également de matériaux du futur, notamment le composite. Pour certaines entreprises, l'usine du futur sera plus centrée sur les objets connectés, les réseaux, l'intelligence. On pense notamment aux données que l'on peut lire directement sur les smartphones, ou avec des Google Glass (ce qu'expérimente actuellement PSA Metz-Trémery, NDLR). Pour d'autres, il s'agira plutôt de travailler en collaboration avec les robots, de faire de la cobotique, car aujourd'hui les robots ne sont plus enfermés dans des cages, sans contact avec les salariés. Et contrairement à certaines idées reçues, une plus grande place sera réservée aux collaborateurs, qui seront plus autonomes, et auront plus de responsabilités qu'aujourd'hui. » Pour Alain d'Acunto, « nous sommes au coeur d'un profond changement, et notre métier même d'ingénieur évolue avec ces nouveaux concepts ».

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