Voilà qui devrait renforcer la puissance de frappe de la France et de l’Europe sur le marché des semi-conducteurs. La PME grenobloise UnitySC (170 collaborateurs, 40 M€ de CA) spécialisée dans la conception d’équipements d’inspection et de métrologie pour l’industrie des semi-conducteurs a annoncé la construction d’une usine destinée à devenir le pilier de sa production industrielle.
Objectif de ce nouveau site : multiplier par quatre la production de machines de métrologie et d’inspection d’UnitySC. Des machines essentielles pour la fabrication de semi-conducteurs, dont la demande devrait atteindre 717 milliards de dollars en 2024 et 2025, selon le fournisseur de données Gartner, dopée par le développement de l’IA et le marché des circuits graphiques (GPU). "Face à l’augmentation mondiale de la demande en semi-conducteurs, UnitySC se positionne comme un acteur clé pour répondre aux défis liés aux pénuries et à la dépendance technologique […]. Le projet soutient les ambitions européennes (European Chips Act) pour accroître la pertinence de l’Europe dans ce secteur stratégique tout en contribuant à la diversification des sources de productions mondiales", explique un communiqué de l’entreprise.
Un projet soutenu par France 2030
Le projet a reçu un financement de "plusieurs millions d’euros" de l’État français dans le cadre de l’appel à projets première usine de France 2030. "L’État va financer le programme à hauteur de 25 % environ", a déclaré Éloi Delorme, directeur général de l’entreprise. Le coût total de l’investissement n’a en revanche pas été dévoilé mais le financement devrait être assuré dans le cadre du rachat d’UnitySC par le conglomérat allemand Merck (63 000 employés, 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023), annoncé en juillet dernier. "Le financement avait été monté avant le rachat mais nous allons finalement passer par Merck dont la taille nous assure de meilleures conditions", poursuit Éloi Delorme.
L’entreprise, créée en 2016 par la filialisation de l’activité semi-conducteurs du groupe Fogale Nanotech et le rachat d’Altatech, a par la suite enrichi son activité en acquérant en 2018 la société allemande HSEB. En 2022, elle avait annoncé avoir levé 48 milliards d’euros auprès de Jolt Capital, de l’État français au travers du fonds French Tech Souveraineté (programme géré par Bpifrance) et de Supernova Invest.
Une centaine d’emplois créés
Ce nouveau site, de 4000 mètres carrés au total, inclura également deux espaces d’innovation : un DémoLab pour promouvoir l’innovation et le développement technologique au sein de l’écosystème des semi-conducteurs et un laboratoire dédié à l’inspection et à la métrologie de nouveaux composés susceptibles de devenir des standards industriels. À ce jour, l’entreprise dispose d’un portefeuille de 150 brevets qui lui ont notamment permis de devenir une référence chez les fabricants de wafers et les fonderies de semi-conducteurs, avec des centaines de machines installées et une position de leader dans le domaine de la métrologie des circuits intégrés tridimensionnels (3DIC). Le nouveau site devrait entraîner la création d’une centaine d’emplois dans les prochaines années.