La start-up grenobloise Alchimedics se trouve à la seconde place de notre classement des entreprises iséroises les plus rentables. Alors que plusieurs chefs d'entreprise ont refusé de parler de leur rentabilité, sujet tabou, le chercheur et P-dg Christophe Bureau affirme que la réduction des coûts a toujours fait partie de ses objectifs. «Lorsque vous lancez une start-up, vous devez toujours vous préoccuper de la situation de cash qui est primordiale, encore plus dans une activité comme la nôtre qui est très soumise aux contrats de développement», explique cet ancien du CEA. Alchimedics se concentre dans le développement de biotechnologies pour le secteur médical. Son dernier projet, l'implant vasculaire Buma Stent, permet de réaliser l'équivalent d'un pontage coronarien en passant par l'artère fémorale. Il a déjà séduit une entreprise chinoise qui souhaite lancer cette technologie dans les hôpitaux asiatiques d'ici six à douze mois. «Notre activité fonctionne beaucoup par à-coups: les retombées arrivent surtout lorsque nos clients commercialisent leurs produits issus de nos recherches», précise Christophe Bureau. La société enregistre d'ailleurs un chiffre d'affaires en dents de scie: 10M€ en 2010, 1M€ en 2011, puis 3M€ prévus en 2012...
Des choix drastiques
Après un premier tour de table de 7M€ en 2007, le P-dg s'est fixé pour objectif de diviser son "burn rate" par quatre, c'est-à-dire de réduire les pertes mensuelles qui assèchent les réserves de l'entreprise. Mais une telle réduction des dépenses engage des choix drastiques. «Il faut savoir se concentrer sur un plus petit nombre de projets et limiter les dépenses de propriété industrielle en se séparant de certains brevets.» Une procédure de contrôle des coûts a été engagée afin que chaque dépense, y compris la plus petite, soit validée par la direction générale. Son processus d'embauche a même été revu pour mieux évaluer la flexibilité des candidats. Si la start-up emploie aujourd'hui cinq personnes, le chercheur travaille aussi avec des consultants -qui sont parfois d'anciens employés- pour s'adapter aux fluctuations du marché.