Thierry Dujardin Directeur général adjoint de l'IRD
Vous venez d'annoncer vos résultats 2010, quel bilan tirez-vous? 2010 a été une année soutenue malgré la conjoncture défavorable. L'IRD a investi 58M€ dans des projets de PME-PMI, un niveau supérieur à 2009 (52M€). En capital-investissement, nous sommes intervenus auprès de 63entreprises pour 8,4M€. Nord Création a finalisé 26opérations pour 1,8M€ et Innovam 17 pour 1,3M€. Nord Financement a contre-garanti 38M€ (+15%). Ce sont des niveaux historiques. Ce succès s'explique par le fait que nous avons développé beaucoup d'actions en réseaux, notamment avec les sociétés territoriales d'investissement que nous avons créées avec les CCI. La moitié des opérations sont faites sur ces sociétés locales. Ce travail de terrain porte ses fruits. En 2010, comme en 2009, nous sommes la structure de capital-investissement qui est intervenue sur le plus grand nombre d'opérations en région. L'IRD est le premier acteur régional.
Quelles sont vos perspectives pour 2011? Dans le domaine de l'innovation, le capital d'Innovam a été doublé fin 2010, à 10M€. Les entreprises ont besoin de plus de carburant pour se développer. Nous allons lancer deux nouveaux fonds. Pour l'innovation, nous sommes en train de créer un fonds transfrontalier avec l'Université catholique de Louvain et une équipe dédiée d'ingénieurs à la pointe. Ils avaient déjà un fonds d'amorçage, appelé Vives1, doté de 15M€. Le fonds Vives 2 monté ensemble permettra de gérer 40M€, pour des interventions de un à cinq millions dans des sociétés en croissance. Notre but est de faire émerger des ETI. Jusqu'à maintenant, les seules structures capables d'y répondre étaient parisiennes.
Et votre deuxième nouveau fonds? Notre filiale Croissance Nord - Pas-de-Calais va lancer un fonds transrégional de 80M€ a minima, avec l'Est de la France, grâce aux souscriptions de dirigeants. Nous avons dans nos portefeuilles et nos régions des entreprises qui, si elles veulent passer un cap supérieur, ont besoin de millions et d'un accompagnement spécifique. Nous travaillerons en partenariat, de Strasbourg à Abbeville, pour un ticket de deux à sept millions, et étudierons notre premier dossier dans quelques semaines. C'est une continuité pour l'IRD, qui traite tout le spectre de l'entreprise, sauf que nous étions limités par des moyens. Plus maintenant.
Propos recueillis par Géry Bertrande
- TROIS QUESTIONS À