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Le rapport marchés-démocratie
Ce qui me frappe en ce moment c'est le rapport entre les marchés et la démocratie. On a des hommes politiques élus démocratiquement mais révoqués par les marchés. On se rend donc compte pour la première fois que des hommes politiques n'ont pas été jugés sur leurs promesses mais sur leurs résultats. Quelque part, les agences de notation ont eu un pouvoir et c'est tant mieux. Après, que nos élus soient sanctionnés par les marchés et pas par les citoyens, ça crée un problème. Mais d'un autre côté, je trouve que c'est salutaire. Ça va peut-être pousser nos hommes politiques à faire de la pédagogie de la crise. Et les citoyens ne les éliront plus sur des promesses mais sur des bilans et des projets réalistes. Le couple citoyen-homme politique n'a jamais été autant en face de ses responsabilités. Derrière cela, et comme le souligne Nicolas Baverez, je vois trois conséquences. Ça veut dire d'abord qu'il n'y aura pas de mondialisation sans concertation. Il faut accepter que le monde ait changé depuis la chute du mur de Berlin et du communisme. Par ailleurs, que l'on soit de droite ou de gauche, il n'y aura pas de salut s'il n'y a pas de réforme en profondeur sur le principe que l'on ne peut pas dépenser plus que ce que l'on gagne. Enfin, il faudra sans doute un contrat social alliant rigueur et justice, privilégiant plus l'équité que l'égalité.
Les affaires vues par les médias
Je suis choqué par le traitement médiatique des affaires. Je suis un Républicain dans l'âme. Et pour moi, la seule personne qui soit capable de me juger, c'est un juge. L'actuel traitement des affaires par les médias pose un problème démocratique. On voit désormais que les gens sont jugés par une partie de la presse avant même la justice. Je me dis que si ça m'arrivait, ce serait terrible. De Gaulle décrivait trois pouvoirs plus un: l'exécutif, le législatif, le judiciaire et, le plus influent, le médiatique. C'est encore plus d'actualité aujourd'hui. Pour moi, un journaliste doit se limiter aux faits. S'il s'agit d'un journaliste d'opinion, on attend de lui une opinion, mais pas un jugement. Et s'il s'agit d'un journaliste d'investigation, il doit faire son travail, mais à condition de rester objectif. Il me semble urgent dans la période actuelle que la presse retrouve ses fondamentaux, et plus particulièrement celui d'informer.»
Président de Le Roy Logistique (Vern) PARCOURS Né en 1959 à Bressuire (79) Ancien responsable régional chez UPS Ancien directeur d'agence pour le Groupe Grimaud Actuel président de l'Esli (École sup. de logistique industrielle à Redon) Actuel président du cluster Bretagne Supply Chain