Détournement de fonds. Avec l'adoption récente de la Loi de finance, le réseau des CCI va voir ses ressources fiscales diminuer de 20 % au 1er janvier prochain. L'État qui récupère 1,4 milliard d'euros à travers la collecte de la taxe pour frais de chambre va ainsi retenir près de 270 millions d'euros. C'est tout simplement du détournement de fonds ! Aucune agence d'État ou autre collectivité n'a subi cela. Nous sommes les plus mal traités. Le manque à gagner pour les CCI normandes est e l'ordre de 15 M€. Ce choix nous oblige à accélérer le processus de réorganisation mis en oeuvre depuis un an et demi. Même si la modification juridique n'entrera en vigueur qu'en janvier 2016, nous prévoyons donc de fonctionner dès 2014 comme si nous n'avions plus que cinq CCI territoriales contre douze aujourd'hui. Toutes les décisions devront dès lors être prises au niveau de ces cinq pôles. Nous ne pouvons tout simplement pas faire autrement. Remise à plat. De toute manière, il fallait que l'on se remette en cause, que l'on revoit nos missions une par une. Certaines seront probablement abandonnées à l'avenir car la seule mise en commun de nos moyens ne nous permettra pas d'absorber une baisse de 20 % de nos ressources. Au final, le choix que nous avons fait en Normandie est salutaire : cela aurait été tentant de ne rien faire en attendant la fin de la mandature, mais nous aurions couru le risque de laisser un champ de ruines derrière nous ! Le coût de l'inertie. Nous ne nous sommes peut-être pas assez remis en question. Les chambres étaient parfois devenues des institutions un peu déconnectées de la réalité. Notre image n'est pas toujours très bonne auprès des organisations professionnelles, et certaines entreprises pensent parfois que l'argent n'est pas très bien utilisé... C'est un peu tout cela que nous payons aujourd'hui, un statut « baroque » d'établissement public géré par des chefs d'entreprises. L'enjeu du regroupement des CCI normandes est de donner aux entreprises les mêmes services au même prix sur l'ensemble du territoire et de gommer les écarts qui pouvaient exister jusque-là, tout en renforçant la proximité.
Président Elu président de la CCI de Basse-Normandie en janvier 2011, cet ancien assureur à la tête d'une société immobilière a pris la présidence du GIC CCI Normandie en mai 2011. Il devrait céder son fauteuil à Jean-Pierre Desormaux (Président de la CCI haute-Normandie) en janvier prochain.