L
e Japon et la menace nucléaire.
«Je suis ingénieur, et en tant que tel, j'ai confiance dans la technologie. Quand il y a eu Tchernobyl, on s'est dit que c'était un pays communiste, mal organisé, que la centrale n'était pas aussi sécurisée que les autres et, finalement, on ne s'est peut-être pas remis en cause. Tandis que là, c'est un choc car le Japon est le symbole de la technologie. On ne peut donc pas ignorer cette alerte. Alors faut-il sortir du nucléaire? Je pense que cette question est réductrice et que le débat se situe bien au-delà. Car on ne peut pas y répondre sans s'interroger sur notre mode de vie. 75% de notre électricité est issue du nucléaire. On n'a pas encore trouvé d'autres moyens pour produire autant d'énergie. La première réponse est donc, selon moi, de faire d'abord des économies d'énergie dans nos entreprises, dans notre vie quotidienne. Peut-être alors pourra-t-on avoir un peu moins de centrales et un peu plus de modes de production alternatifs.»
Taxe d'apprentissage: bonus/malus pour les entreprises de plus de 250 salariés.
«Cette mesure ne me gêne pas du tout parce que, chez Kone, on a toujours été des militants de l'apprentissage. C'est une vraie ressource pour l'entreprise. Une opération gagnant/gagnant. Je suis d'ailleurs étonné de l'instauration de cette incitation. Il ne devrait pas y en avoir besoin. C'est tellement évident que ces jeunes sont un plus pour l'entreprise, d'autant que celles qui comptent plus de 250 salariés devraient être suffisamment organisées pour les accueillir.»
Les résultats records du CAC 40, signe d'une sortie de crise?
«Je ne confonds pas les entreprises du CAC 40 avec les entreprises françaises, et je ne confonds pas non plus l'activité de ces entreprises-là avec l'économie française. Ces résultats ne sont malheureusement pas un signe de sortie de crise. Les entreprises qui ont retrouvé la croissance le plus vite sont celles qui ont une activité importante en Asie. Ce n'est pas neutre. La crise a accéléré les choses. Les pays émergents sont ressortis plus forts, alors que nous mettons plus de temps à reprendre. Alors, je me réjouis que des majors, souvent décriées, tirent derrière elles la croissance, les PME et l'innovation.»
Directeur général de Kone France 620 M€ de CA, 1.600 salariés Parcours Né à Corps en 1954. Intègre le groupe Kone en 1984 comme directeur d'usine à l'Ariane. Prend la direction générale de Kone France en 2000. Transfère le siège de Kone à Nice en 2003.