Qui préside aujourd'hui aux destinées de l'UMIH? Après le congrès national du premier syndicat des professionnels de la restauration qui vient de se tenir à Nantes, nul n'est en mesure de le dire. Durant trois jours, les adhérents de l'UMIH se sont déchirés dans une atmosphère détestable, où régnaient insultes et intimidations entre pro-Pujol, présidente du syndicat depuis la fin 2008, et pro- Daguin, son prédécesseur. Ceux-ci reprochent à Christine Pujol sa mauvaise gestion et une communication approximative sur le dossier de la baisse de la TVA. Une baisse qui fait que la profession est pointée du doigt par l'opinion publique et les politiques qui attendent davantage de répercussion sur les additions. Lors de ce congrès, une assemblée générale extraordinaire improvisée a même révoqué l'actuelle présidente de l'UMIH et nommé André Daguin président confédéral intérimaire pour trois mois, le temps d'organiser de nouvelles élections.
«Nostalgie du pouvoir»
«Il s'agit d'un putsch organisé par monsieur Daguin et ses amis. Ce n'est pas l'expression de la majorité mais plutôt celle de quelques dizaines de voyous. Je n'y céderai pas. Je reste la présidente de l'UMIH puisque l'assemblée générale extraordinaire n'a pas été convoquée de manière officielle. Dans nos statuts, la notion de président par intérim n'existe pas. L'ancienne direction est revancharde. Elle a la nostalgie du pouvoir, des honneurs et de l'argent», explique Christine Pujol. L'argent, le mot est lâché. À mots couverts, certains partisans de Christine Pujol dénoncent en effet la gestion financière de l'UMIH sous l'ère Daguin allant même jusqu'à évoquer «des dérives qui rappellent celles de l'UIMM». Après ces passes d'armes et ces querelles intestines, impossible désormais de renouer le dialogue entre les deux courants du syndicat qui s'ignorent superbement. L'affaire est même dans les mains de la justice qui va devoir statuer sur la régularité ou non de la destitution de Christine Pujol. Une chose est sûre: la profession n'avait pas besoin de ces batailles internes alors que le gouvernement la somme de répercuter la baisse de la TVA sur ses additions aux consommateurs.
Durant trois jours de congrès national à Nantes, les adhérents de l'UMIH se sont déchirés sur fond de bataille des chefs.