«Vous trouvez normal qu'une personne de 45 ans s'effondre en larme à cause de son travail?», témoigne un agent de l'UIPL. «Le constat était simple, il y avait une perte de confiance dans la hiérarchie, un désintérêt du boulot, des sources de conflits permanentes. On ne se comprenait pas. Les gens préféraient ne rien dire pour sauvegarder leur emploi», se rappelle Didier Velter, secrétaire adjoint du CHSCT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail) de l'UIPL. Le tout, dans un contexte de mutation technologique et culturelle: passage du service public à la société anonyme. Les collaborateurs de l'UIPL se sentaient mal, comme partout ailleurs dans le groupe. Un diagnostic mis en lumière à l'échelle nationale deux ans plus tard par le questionnaire.
Des actions simples
En juillet2007, le CHSCT de l'UIPL crée une commission santé au travail. Médecins du travail, assistantes sociales, infirmières, préventeur en font partie. Ils bâtissent leur méthode pour aborder la souffrance au travail avec l'Aract Pays de la Loire (Action régionale pour l'amélioration des conditions de travail). En juin2009, les deux campagnes d'écoute des salariés ont fait l'objet d'une synthèse et des fiches actions métiers sont en cours de réalisation. Comme celle sur les managers pour qu'ils ne passent plus 73% de leur temps à des tâches administratives. «C'est un processus lent, mais nous avons des pistes d'actions simples», constate Christian Berton. «Il y a très peu d'innovation, que des choses basiques», complète Didier Velter. Alors que les relations étaient bloquées, aujourd'hui l'entraide est possible.
Faire confiance
«Quand on fait confiance, on n'est pas déçu. Je suis heureux des solutions qui ont été proposées. Elles sont fondées et raisonnables. L'esprit de travail est constructif et gagnant-gagnant», conclut Patrick Costes. «On n'a pas le droit de se planter», confient les trois hommes. Les attentes des 1.300 salariés de l'UIPL sont fortes et les actions sont en cours. «Au début, je n'étais pas sûr que c'était ça qu'il fallait faire, la commission, les campagnes d'écoute... Aujourd'hui, j'en suis intimement convaincu», conclut Patrick Costes. L'UIPL est en avance sur le projet du groupe d'«une gestion humaine des ressources» discuté prochainement lors des «Assises de la refondation sociale» de France Télécom.
* Unité d'intervention des Pays de Loire de France Télécom Plus d'infos sur le stress au travail: Accord national interprofessionnel 02/07/08 sur le stress au travail étendu à toutes les entreprises (JO. 06/05/09); www.anact.fr; www.inrs.fr; www.qualitedevieautravail.fr
Les résultats du questionnaire de France Télécom sur le stress et les conditions de travail sont tombés en décembre. Dès juillet2007, l'UIPL* s'était dotée d'une commission santé. Deux ans de travail pour amorcer une reprise de confiance entre collaborateurs et direction.