Le succès du débat public
Entre le 12 septembre et le 17 décembre 2016, 21.200 personnes ont visité le site Internet du débat. La commission a noué 4.000 conversations avec des citoyens lors des débats mobiles ; 3.000 ont participé aux rencontres publiques ; 4.900 ont répondu au questionnaire (72 % d'entre eux ont approuvé le 3e ligne de métro comme option prioritaire). Ce qui constitue, aux yeux de la Commission Nationale du Débat Public, un exercice démocratique réussi.
Acteurs locaux
Concernant le positionnement des acteurs locaux par rapport au projet, la commission a noté :
- Le soutien des milieux économiques et patronaux et des collectivités locales situées sur le tracé.
- L’avis favorable en principe mais nuancé des conseils de développement et des syndicats de salariés.
- L’opposition des écologistes et des associations de protection de l’environnement, qui contestent le modèle de centralité métropolitaine induit par le projet de 3e ligne et pointent le risque que celui-ci, compte-tenu de son coût, rende aléatoires les financements des autres projets de transports et de mobilité.
Quelques solutions alternatives
La Commission tient à souligner que plusieurs propositions alternatives ont été faites : poursuivre le maillage tram/bus sur l'ensemble de la métropole; tracé du métro alternatif qui passerait par les quartiers denses du centre-ville (CHU de Purpan, l'Arsenal etc); système maillé autour de l'étoile ferroviaire Matabiau-Marengo (offre de type RER sur les lignes de trains existantes).
Approbation du grand public, mais sous conditions
Concernant les positions recensées parmi les participants dans le grand public, la commission souligne que le projet de troisième ligne de métro semble avoir été considéré par les participants comme plutôt opportun dans ses objectifs, cohérent dans les grands principes de son tracé et prioritaire dans sa réalisation.
Cette priorité accordée par les participants à la desserte des zones d’emploi par un transport de capacité permettant un accès plus facile au dernier segment des trajets domicile-travail, s’accompagne cependant d’un certain nombre d’observations critiques parmi lesquelles :
- L’affirmation de la nécessité d’un rabattement efficace (notamment par le TER et le système de bus, vers des interconnexions avec la 3e ligne), rabattement qui à ce jour est loin d’être vécu par les habitants comme garanti.
- Des solutions plus convaincantes pour les territoires non desservis directement par le projet de 3e ligne, en particulier au Sud-Ouest et au Nord-Est de l’agglomération.
- Des mesures de rattrapage ou d’urgence pour des situations aujourd’hui critiques comme la zone de l’Oncopole.
- La consolidation du système de financement permettant de faire face à des surcoûts toujours possibles pour des grands projets de ce type et notamment la mise en place d’un modèle comparable dans son principe à celui du Grand Paris Express. - Une stratégie affichée de réduction de la place de la voiture en ville et la promotion des modes doux de déplacement permettant à terme une réelle réduction de la thrombose routière, une baisse significative de la pollution de l’air et des émissions de gaz à effet de serre.
- La maîtrise du projet urbain et métropolitain autour de la 3e ligne de métro afin que celui-ci respecte des objectifs de mixité sociale et fonctionnelle et des formes urbaines compatibles avec les spécificités toulousaines.
- Une véritable prise en compte des aspects environnementaux et notamment les problèmes de biodiversité, de paysages, de risques naturels et technologiques.
Par ailleurs, la desserte de l’aéroport est très attendue, sans être pour autant plébiscitée, les participants estimant comme le maître d’ouvrage que le gestionnaire de l’aéroport devrait la cofinancer. La commission a noté enfin que certains participants ont contesté les emplacements prévus notamment pour les arrêts à Jean Maga, François Verdier et Fondeyre et que d’autres ont interpellé le maître d’ouvrage sur la desserte de Purpan et de la Cité de l’Espace.
Au total, conclut la commission, l’approbation critique constatée auprès du grand public ne saurait signifier un blanc seing pour la poursuite sans modification aucune du projet.
Recommandations
Le maître d’ouvrage dispose de trois mois pour faire part de sa décision quant à la suite donnée à son projet. Dans le cas où il souhaiterait le poursuivre, la commission émet plusieurs recommandations :
- Partager et rendre plus lisible le portage politique du projet à l’échelle de l’agglomération.
- Bien articuler le calendrier des nombreuses concertations à venir.
- Prolonger la forte dynamique de concertation.
- Libérer les données et études urbaines stratégiques et étudier les alternatives sous le contrôle d’un conseil scientifique garantissant compétences, pluralité et objectivité.