Soupe à la grimace du côté du Tribunal de commerce de Nantes. Sur l'année 2008, la juridiction enregistre-crise oblige - une inquiétante croissance de 24% du nombre des défaillances d'entreprises, avec 591 ouvertures de procédures collectives enregistrées. Au final, l'année se solde par 409 liquidations, 175 redressements et 7 plans de sauvegarde. «Pourtant, de janvier à juillet, la hausse des défaillances ne se montait qu'à 7%. Tout s'est accéléré en fin d'année, avec jusqu'à 18 à 20 ouvertures traitées en séance, contre une dizaine en temps normal. L'effet de la crise a été très brutal, surtout à partir d'octobre», constate Jean-Claude Serré, le président de la chambre des procédures collectives. Du coup, le volume des effectifs touchés par cette inflation croît de 12% pour atteindre 2.099 salariés. En revanche, le CA global dégagé par les entreprises en difficulté décroît de 8%, traduisant bien les complications rencontrées par les entreprises de taille modeste en cette période de morosité économique. Mais il y a plus inquiétant. «Les sociétés qui déposent le bilan n'ont plus le même profil. Elles sont souvent saines, mais affichent surtout un carnet de commandes vide, les donneurs d'ordres sont particulièrement frileux», poursuit Jean-Claude Serré. Principaux secteurs touchés: le commerce (39% des procédures), les services (31%) et le bâtiment (27%).
Immatriculations en baisse!
Autre facteur d'inquiétude, rarissime celui-ci, la baisse des immatriculations. «Je ne me rappelle pas d'une telle situation. Et celle-ci ne peut surtout pas être imputée à l'entrée en vigueur du statut d'auto-entrepreneur, trop récent pour avoir joué sur les chiffres», constate Frédéric Barbin, le greffier du Tribunal. C'est donc bel et bien le contexte économique semblerait donc avoir refroidi nombre de créateurs d'entreprises. «Aujourd'hui, il faut souhaiter une chose: que l'argent alloué aux acteurs bancaires dans les différents plans de soutien retourne à l'économie réelle. Si les banques cessent de prêter, l'économie va s'arrêter», juge Philippe Thibault, le président du Tribunal de commerce. Seule lueur positive au tableau, la relative accalmie sur le front du contentieux général, avec 1.030 enrôlements en 2008, contre 1.105 en 2007. Le tout débouchant sur 646 jugements, contre 847 l'année précédente. Au final, le montant total des contentieux enregistrés durant l'année atteint 84M€, traduisant un second semestre plus «calme». La première moitié de l'année s'était en effet soldée par une somme totale de 47,5M€.
Tél.: 02.40.20.64.40. À noter que le Tribunal de commerce de Nantes dispose depuis le mois dernier d'un site internet propre présentant ses activités: tribunal-commerce-nantes.com
Le Tribunal de commerce de Nantes constate une augmentation de 24% des ouvertures de procédures collectives sur l'année 2008. Un bien triste indicateur, alimenté notamment par un second semestre très rude.