L'entreprise centenaire Trench France située à Saint-Louis et rachetée en 2004 à 100 % par le groupe allemand Siemens, emploie actuellement 235 personnes et fabrique et vend des appareils de haute et basse tension. Ses clients sont des fabricants de transformateurs ou encore des producteurs d'électricité.
87 postes supprimés d'ici 2018
Un projet d'entreprise présenté par la direction aux représentants du personnel vise à faire face aux difficultés et à spécialiser le site sur une des deux activités. Trench France fabrique des réducteurs de mesure et des traversées de puissance, des composants électriques permettant de passer les parois. C'est sur la première activité, celle des réducteurs de mesure, que le site enregistrerait des pertes et un défaut de compétitivité. L'entreprise communique sur des pertes allant jusqu'à 24 millions d'euros ces cinq dernières années. Le plan présenté aux salariés consiste à transférer l'activité réducteurs de mesures sur le site italien du groupe, entraînant à Saint-Louis la suppression de 87 postes en deux phases, entre 2017 et 2018.
En attente d'investissements pour pérenniser le site
Pour Richard Boulou-Rietsch, représentant syndical CFE-CGC sur le site de Trench France, « tous types de postes sont concernés, de l'ouvrier au cadre en passant par le bureau d'études, la vente ou encore les services annexes. Le transfert de l'activité en Italie tel que proposé créerait 55 postes sur le site italien mais en supprimerait jusqu'à 87 ici à Saint-Louis. On nous indique que l'activité réducteur de mesure n'est pas rentable ici, pourtant, nous disposons de tout le savoir-faire nécessaire. S'il existe un ralentissement du marché global pour ce type d'appareils, le fait de transférer l'activité en Italie ne changera rien. Ce n'est pas un pays à bas coût. Le groupe Siemens nous indique des investissements sur le site de Saint-Louis pour pérenniser l'activité restante mais les montants ne sont pas encore communiqués. Nous rencontrerons les représentants de Siemens jeudi 23 février pour rediscuter le PSE mais nous ne nous voilons pas la face ».
Des frais de transferts à payer
Il y a deux ans, le site Trench France a déjà vu son activité "produits spéciaux" être transférée en Italie. 30 emplois ont été concernés à Saint-Louis. Selon Richard Boulou-Rietsch, « depuis lors, cette activité n'a pas démarré en Italie et le site de Trench à Saint-Louis et des frais de transferts de l'ordre de 3 millions en d'euros en 2016 et de 1,5 millions cette année sont imputables au site de Saint-Louis. En 2016, l'activité réducteurs de mesure a enregistré un chiffre d'affaires de 38 millions d'euros en perte de 2 % , expliqué par les 3 millions d'euros de frais de transferts à payer. La même année, l'activité traversée a réalisé un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros, en augmentation de 4,5 millions ».
Sollicitée par la rédaction, la direction n'a pas pu s'exprimer en raison d'une préparation d'une nouvelle rencontre entre la direction du site de Saint-Louis et les représentants du personnel programmée ce vendredi 17 février,. Par ailleurs, le site de Saint-Louis restait totalement bloqué par ses salariés au moment de rédiger ces lignes.