Travaux Publics : Les entreprises dans la rue
# Conjoncture

Travaux Publics : Les entreprises dans la rue

La baisse des dotations de l'État aux collectivités locales impactent directement les entreprises des travaux publics. Elles en appellent aux élus pour relancer la machine.

Ils étaient entre 100 et 150 entrepreneurs et salariés des travaux publics rassemblés le 14 octobre dernier au Mans, devant la préfecture. Une première pour un tel rassemblement, lancé par la Fédération des travaux publics de la Sarthe, qui s'inscrit dans le mouvement initié par la fédération nationale. « Les perspectives sont inexistantes pour 2015. La commande publique a diminué de moitié depuis 2008, qui était déjà une année faible », souligne Éric Boittiaux, président de la Fédération des travaux publics de la Sarthe (FTP 72). Dans le département, la filière a vu son chiffre d'affaires passer de 250 millions d'euros en 2012 à 230 millions cette année. Un recul qui va encore s'accentuer avec la fin des grands chantiers d'aménagement du Mans et des travaux de gros oeuvre sur la future LGV fin 2014. Des projets qui avaient pourtant joué le rôle d'amortisseur ces dernières années. Pour les entrepreneurs sarthois, il s'agit donc d'attirer l'attention des élus locaux sur leurs difficultés, avec en ligne de mire la relance de la commande publique. « Sans investissement, on ne travaille pas. Or, la baisse des dotations de l'État impacte directement nos entreprises qui sont de plus génératrices d'emplois », appuie Jean-Marc Hitta, délégué départemental de l'Union nationale des industries de carrières et matériaux (Unicem). Pour le dirigeant des Carrières de Saint-Denis-d'Orques, l'impact est ressenti sur l'ensemble de la chaîne, des fournisseurs de graviers aux loueurs d'engins.




Dépendance à la commande publique

Ce coup d'arrêt est particulièrement ressenti chez Pigeon TP à Cherré. L'entreprise qui emploie 160 personnes pour 25 millions d'euros de chiffre d'affaires s'attend à un creux dès janvier. « On a seulement 25 % du personnel placé à cette période. C'est 25 à 30 % de chiffre d'affaires que l'on a perdu, dont 40 % auprès des collectivités », indique son dirigeant Jean-Maurice Roncier. Un manque de visibilité qui pourrait avoir pour conséquence des « ajustements d'effectifs » comme le soulignent plusieurs entrepreneurs. Car dans une filière sarthoise qui réalise la moitié de son activité auprès de l'État et des collectivités locales, on

n'hésite pas à renvoyer les acteurs publics à leurs responsabilités vis-à-vis de l'emploi. « L'intérim et les CDD ont disparu. On ne renouvelle plus les départs en retraite et surtout on ne prend plus de jeunes en apprentissage », déplore Éric Boittiaux. Un signal d'alarme régulièrement tirée par la FTP 72 ces dernières années. En Sarthe, les travaux publics emploient près de 2.000 personnes. Un chiffre relativement stable depuis 2008.

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