Travaux publics : Le SOS des PME aux collectivités
# Conjoncture

Travaux publics : Le SOS des PME aux collectivités

«Je soupçonne certaines collectivités de réduire leurs investissements en période de crise alors que c'est justement maintenant que nous avons besoin d'un sérieux coup de pouce. Sinon, le secteur aura de graves problèmes. Cette frilosité des collectivités ne repose sur rien». Nouveau président de la fédération régionale des travaux publics (FRTP) des Pays de la Loire, Jean-Christophe Louvet tire la sonnette d'alarme et en appelle aux collectivités pour sortir les entreprises régionales de cette mauvaise passe. Parmi les arguments de la FRTP, la bonne santé financière des communes, intercommunalités, Départements et Région mise en évidence par une récente note régionale de Dexia (lire par ailleurs).




Sous la barre des 2 Md€ de CA en 2011

Selon la FRTP, le secteur réalisait 2,5 Md€ de CA en 2007 mais ne dépassera pas 2 Md€ en 2010. Surtout, il devrait se situer nettement en dessous de ces 2 Md€ en 2011. Aucun département ne semble devoir échapper à cette morosité ambiante. La Sarthe peine à digérer la réalisation du tramway manceau. Après avoir multiplié les grands chantiers ces dernières années, le Maine-et-Loire vient de voter un budget de grande rigueur. Et à court terme le salut ne semble pas devoir venir de Mayenne, de Vendée ou de Loire-Atlantique. «Bien sûr, on peut parler du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes mais il ne faut pas seulement résonner en terme de grands travaux. Les travaux publics, c'est aussi de l'entretien. Et là, les budgets ne sont pas à la hauteur. Les canalisateurs sont par exemple dans une situation dramatique. Il est urgent que les collectivités entretiennent leur patrimoine», poursuit Jean-Christophe Louvet. Le panorama dressé par les professionnels du TP dans la région tranche pourtant avec les perspectives mises en avant au niveau national par la même fédération qui table sur une croissance de 2,5% en 2011. «La situation des TP est plus difficile dans les Pays de la Loire qu'au niveau national. D'autre part, ces 2,5% relèvent de la macroéconomie en prenant en compte le travail en bureau d'études pour de grands chantiers à venir comme les ligne LGV. Sauf que sur le terrain, les retombées locales des lignes LGV, ce n'est pas pour tout de suite», détaille Jean-Christophe Louvet.




Rôle de l'assurance-crédit

En cette période tourmentée, les professionnels des travaux publics pointent du doigt également les assureurs-crédits, accusés de réduire les encours sans ménagement. Un faux procès selon la Coface pour qui cette situation provient «davantage d'une méconnaissance du travail des assureurs-crédits de la part des entreprises. Il nous faut mieux communiquer auprès d'elles, mais leur situation ne s'est pas dégradée du point de vue de l'assurance-crédit. Depuis un ou deux ans, c'est même plutôt le contraire». Après avoir flirté avec des sommets entre2005 et2008, à tel point que, ironie de l'histoire, les entreprises régionales ne pouvaient plus répondre aux appels d'offres des collectivités, le secteur doit aujourd'hui faire face au creux de la vague. La filière a certes profité du plan de relance et du FCTVA en2009 et2010, mais c'est surtout 2011 qui lui fait craindre le pire. «Les entreprises restent silencieuses sur les difficultés qu'elles traversent actuellement car elles sont en concurrence entre elles. Pour trouver des marchés, elles sont obligées d'élargir de 150 kilomètres leur périmètre habituel de travail. Les effectifs de nos entreprises n'ont pas encore trinqué. Pour le moment, on a serré les boulons. J'espère que nos entreprises n'auront pas à aller plus loin», conclut Jean-Christophe Louvet. Dans les Pays de la Loire, les TP représentent 920 entreprises et 16.500 salariés.

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