« Communiquer de façon positive, c'est dans ma nature. Mais là, je ne peux plus ». Président de la fédération des travaux publics pour les Pays de la Loire, Jean-Christophe Louvet a la tête des mauvais jours. Il faut dire que le directeur général de la société Luc Durand (49) s'attend à des mois difficiles pour les 1.000 entreprises de TP régionales et leurs 16.900 collaborateurs. Pesant 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le secteur a déjà perdu 20 % de ses revenus depuis six ans. Conséquence, 2.000 emplois auraient été supprimés depuis 2011, essentiellement des départs non remplacés et des postes d'intérimaires, assure-t-on à la fédération des TP.
3.000 emplois menacés
Et si les derniers mois s'avèrent inquiétants, l'avenir s'annonce encore plus sombre. « Le niveau des commandes est en chute libre. On arrive dans le dur »,
s'inquiète Jean-Christophe Louvet. Les deux tiers du chiffre d'affaires du secteur émanent de la commande publique. Une clientèle qui n'a pas aujourd'hui la fièvre acheteuse. Entre les élections, la réforme territoriale et les problèmes d'ordre budgétaire qui touche aussi bien l'État que les collectivités, « les projets sont tous bloqués », assure Jean-Christophe Louvet. Le gigantesque chantier de la LGV va encore apporter du travail jusqu'à la fin de l'année. Après, en 2015, « on s'attend à chute de 8 à 12 points. Au niveau national, on parle de la destruction de 60.000 emplois », indique le président régional de la FRTP. Dans les Pays de la Loire, 3.000 emplois seraient sur la sellette. Et ce n'est pas les atermoiements continus du gouvernement sur deux dossiers majeurs pour la profession (l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et l'autoroute A381 entre la Charente-Maritime et la Vendée) qui sont de nature rassurer les entrepreneurs du secteur.
Le chiffre d'affaires des entreprises de travaux publics a baissé de 20 % depuis six ans dans la région. Et la chute devrait s'accélérer en 2015.