Transmission d'entreprise : L'heure de la reprise?
# Conjoncture

Transmission d'entreprise : L'heure de la reprise?

Au point mort au presque pendant une bonne partie de l'année 2009, le marché de la transmission d'entreprise semble doucement repartir et surtout s'être considérablement assaini.

Après avoir touché le fond au premier semestre de l'année, le marché de la transmission d'entreprise semble aujourd'hui connaître un relatif frémissement dans l'Ouest, en témoignent localement la double acquisition par le Nantais Altéad des sociétés Lorlev (57) et Revel (13) ou le rachat de Vision Objects par la société américaine Doubleday Holdings. «Depuis septembre dernier, on assiste à un regain d'intérêt de la part des repreneurs qui commencent à savoir sur quoi se baser grâce aux bilans qui sortent actuellement et qui tiennent compte de la crise. Maintenant, les conditions financières sont aussi plus draconiennes avec des banques qui limitent leur niveau de risques et qui demandent davantage de garanties. Au final, le marché est plus sain. La crise aura eu au moins cette vertu», explique Éric Bouron, président de l'association Apre-Atlantique (Association des professionnels du rapprochement d'entreprise). Constat partagé par Étienne Rousselin, qui dirige le cabinet de rapprochement et de transmission d'entreprise nantais ERC: «Nous sortons de la période sinistrée, même si le marché reste difficile. Les acheteurs reviennent. Il faut dire que les taux d'intérêt sont au plus bas, moins de 4% pour un prêt de sept à dix ans». Cibles privilégiées des acheteurs: «les marchés liés à l'environnement et les structures légères», note le dirigeant nantais. Malgré ce regain d'optimisme, le principal obstacle au redémarrage de la transmission reste la valorisation des entreprises. «Après les folles années de2006 et2007, on revient à des niveaux de valorisation plus acceptables et plus orthodoxes. Le prix d'acquisition doit être finançable et le niveau de dettes senior doit être compatible avec le rendement de l'entreprise. Aujourd'hui, les acquéreurs sont donc beaucoup plus vigilants sur le paybackde leur opération, qui doit être de plus en plus court», analyse Jean-Baptiste Bouyer, spécialiste fusion-acquisition chez PWC à Nantes. Dans une conjoncture plus qu'incertaine, les ratios de valorisation des entreprises ont forcément été revus à la baisse.




Changement de comportement

«La méthode de calcul du prix de cession d'une PME a évolué depuis la crise. Auparavant on prenait le résultat d'exploitation de l'entreprise auquel on enlevait la valeur de sa dette et on multipliait ce résultat par six ou par sept. Aujourd'hui, on est sur des ratios revus à la baisse, de l'ordre de quatre ou cinq. On est sans doute arrivé à un niveau de point bas», explique Éric Bouron. Derrière cette nouvelle donne en matière de transmission d'entreprise, pointe également un changement de comportement de la part des cédants et des repreneurs. «La crise a eu un impact sur les comportements des dirigeants d'entreprise qui ont engagé une grande réflexion sur leur véritable métier. Le marché de la transmission en 2010 devrait rester assez calme mais dans les deux ou trois prochaines années, on devrait assister à une vague de consolidation», prévoit Jean-Baptiste Bouyer.

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