Transmission d'entreprise : Cédants et repreneurs en attente
# Conjoncture

Transmission d'entreprise : Cédants et repreneurs en attente

Les opérations de transmission d'entreprise se sont considérablement compliquées ces derniers mois. Cédants et repreneurs d'entreprises campent sur leurs positions. Regards croisés avec deux d'entre eux.

Conséquence de la conjoncture économique incertaine, le marché de la transmission d'entreprise tourne actuellement au ralenti. Un ralentissement constaté notamment par les capitaux-risqueurs régionaux qui notent que les opérations de transmission sont rendues particulièrement difficiles lorsqu'elles impliquent un repreneur extérieur à l'entreprise, les reprises en interne semblant relativement épargnées.




Prix de vente surévalué?

À 59 ans, Gérard Brouzes, gérant d'Atout Composites, PME clissonnaise spécialisée dans les équipements sanitaires en matériaux composites pour les hôpitaux et maisons de retraite (30 salariés, 1,6M€ de CA), est directement confronté à cette réalité pour céder l'entreprise qu'il a créée. «J'ai été approché par mon principal concurrent en juin dernier. Nous avons étudié la possibilité de participations croisées. Le repreneur a estimé que le prix de vente était surévalué. J'ai repris contact en décembre dernier avec son conseil qui m'a dit que vu la conjoncture, la valeur de la société avait baissé». Le dirigeant d'Atout Composites a depuis activé de nouvelles pistes pour la cession de son entreprise mais ne cache pas la difficulté d'une telle opération, ses conseils lui recommandant même d'attendre pour vendre. «C'est vrai que c'est beaucoup plus difficile que prévu. Nous sommes pourtant une référence sur notre marché en France et l'entreprise sort une rentabilité de l'ordre de 5%. Alors, quand on me propose 600.000 €, c'est difficile à entendre. C'est le prix d'une très belle maison! Le repreneur ne prend pas en compte le potentiel de l'entreprise», explique Gérard Brouzes. Malgré le contexte incertain, certains repreneurs sont pourtant prêts à se jeter à l'eau. C'est le cas de Renaud Josse, directeur industriel du groupe Bel'M, actuellement à la recherche d'une entreprise à reprendre.




Montages plus compliqués

«Depuis la rentrée, je suis en phase de recherche de cible. Mon projet porte sur la reprise d'une entreprise industrielle de b-to-b dans la région. J'ai étudié quatre dossiers, deux sont encore ouverts». Renaud Josse confie envisager deux scénarios. Soit une reprise en majoritaire pour une entreprise réalisant un chiffre d'affaires compris entre 3 et 5M€, soit en minoritaire, avec une montée progressive au capital, pour une entreprise dépassant les 10M€ de CA. Comme dans le cas d'Atout Composites, c'est le prix de cession qui pose ici problème. «La valorisation d'une entreprise est d'abord basée sur ses résultats lors des exercices passés. Or, vu l'environnement économique compliqué actuellement, on ne peut pas se baser sur les chiffres du passé car la donne a changé. Et d'autant plus que les montages financiers sont plus difficiles qu'il y a quelques mois», conclut Renaud Josse. Difficile dans ses conditions de faire se rencontrer les deux parties.

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