Marie Martèse a créé La roue verte en 2007. Cette société réalise des logiciels de covoiturage à destination des entreprises et des collectivités. Après 18 mois passés dans la pépinière d'entreprises du Polynôme, elle a fait le choix de rester en ZFU. «Lorsque je suis arrivée, je ne connaissais ni les avantages, ni les contreparties de ce dispositif, confie la jeune créatrice d'entreprise. J'ai décidé de jouer le jeu des recrutements». Le troisième salarié embauché est issu des quartiers identifiés dans le cadre de la politique de la ville, mais pas le quatrième, ni le cinquième. Marie Martèse ignorait qu'elle devait rendre compte à tout moment de l'effectif d'un tiers des salariés recrutés en Zus (et non le troisième, puis le sixième...) Dans l'urgence, elle se tourne vers Pôle emploi. Or, la loi interdit toute discrimination dans la publication d'offre d'emploi, où ne peut être requis un lieu de résidence! «J'ai perdu beaucoup d'énergie à essayer de respecter tous ces critères, mais ce n'est pas un dispositif assez souple.» Pour autant, elle reconnaît que les exonérations sociales et fiscales ont donné un beau coup de pouce à son entreprise, passant de deux à sept salariés et de 70.000€ à 500.000€ de chiffre d'affaires en cinq ans. Mais elle juge les recrutements trop complexes et regrette le défaut de conseil pour les entreprises qui s'installent. «Tous les entrepreneurs vivent dans la crainte d'un contrôle, non pas parce qu'ils auraient fraudé, mais pour ne pas avoir correctement respecté les critères!» De guerre lasse, un jour, La roue verte quittera le dispositif, avec cependant la satisfaction d'avoir recruté avec succès deux personnes issues des quartiers.
www.laroueverte.comTÉMOIGNAGE