Michel Tharreau, le 8mars, vous avez signé l'accord de cession de vos parts (85%) dans Tharreau Industries à Fibertex Nonwomens (220M€ de CA). Quelles sont les modalités de l'opération? Nous attendons le feu vert des autorités de la concurrence en Allemagne pour officialiser le versement de l'échange des titres. Mais il ne devrait pas y avoir de problème. Nous nous sommes entendus sur le rachat de mes parts pour un prix de 30euros par action. L'entreprise est désormais valorisée à 39,9M€.
Pourquoi votre choix s'est-il porté sur cet acquéreur?
J'ai 63 ans et je voulais assurer la pérennité de l'entreprise. Ce groupe danois fabrique également des tissus non tissés. C'est un des leaders européens pour les applications dans le génie civil. Nos deux entreprises sont complémentaires puisque nous intervenons davantage, pour notre part, auprès des équipementiers de l'automobile (fond de coffre, sous-tablette, etc). Ce marché représente 65% de notre chiffre d'affaires. Le reste se répartit entre les produits d'hygiène, le bâtiment, le génie civil, etc.
Les cédants craignent parfois l'adossement à un groupe. Ce n'est pas votre cas alors que votre grand-père fonda l'entreprise en 1939?
C'est évident que cette question peut se poser mais je vois davantage de signaux positifs. Cette nouvelle association va faire du groupe un des leaders européens dans le non-tissé technique. Au niveau de la direction, ils ont décidé de nommer deux personnes, les directeurs commercial et technique de Tharreau Industries, au directoire de l'entreprise. De plus, Fibertex Nonwomens a récemment investi dans des usines en République Tchèque, en Malaisie et en Afrique du Sud. Quand on voit cela, on peut se dire que pour le site de Chemillé, c'est une bonne chose.
Justement, avez-vous eu des garanties à ce sujet?
Non. Je ne peux pas présager de leurs choix stratégiques. Notre projet d'agrandissement est toujours d'actualité. Tout le dossier est prêt pour la construction d'une ligne de non tissés aiguilletés sur 7.500m². Ce serait un supplément de production de 30%, de 4.000 à 4.500 tonnes. Cela pourrait engendrer 15 créations d'emplois. C'est un investissement de 13 à 15M€. C'est au nouvel actionnaire de décider de l'activer ou non.
Selon vous, Tharreau Industries a donc encore un bel avenir?
Bien sûr. Nous sommes actuellement préoccupés par la hausse des matières premières et notamment des fibres de polyester. Pourra-t-on répercuter ces hausses auprès de nos clients? Tharreau Industries est une PM saine, avec un bon niveau de rentabilité. On a terminé l'année 2010 en progression de 18% du CA à 53,7M€. Le résultat opérationnel sera supérieur à 11% et le résultat net à 8%. Sur les deux premiers mois de 2011, les ventes ont progressé de+11,8%. L'entreprise possède tous les atouts pour continuer de se développer.
Tharreau Industries
(Chemillé) P-dg: Michel Tharreau CA: 53,7M€ Salariés: 150 Contact: 02 41 71 55 55