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GT est aujourd'hui spécialisée dans la fabrication de bobines cartons pour connecteurs. Elle sort d'une période compliquée...
Oui, très clairement. On peut souffler aujourd'hui car nous revenons de loin. FGT cartonnage est issue
d'une coopérative créée en 1922 par mon oncle (groupe familial Julien Faure) et plusieurs industriels du textile. Elle fabriquait au départ les cartons et planchettes dont avaient besoin les fabricants locaux de textile étroit. Puis, l'entreprise s'est diversifiée dans l'injection plastique. Aujourd'hui, 60 % de notre chiffre d'affaires est réalisé avec les bobines cartons pour les connecteurs. Pendant la crise de 2008/2009, notre activité a chûté de 40%. Nous avons perdu plusieurs gros clients. Nous sommes passés de 2 M€ de chiffre d'affaires à 1,2M€. On est remonté à 1,5 M€ en 2010, puis nous avons stagné à ce niveau jusqu'en 2013. Nous sommes revenus à la croissance et à l'équilibre depuis avril 2013. En 2014, nous affichons un chiffre d'affaires en hausse de 14 % et une rentabilité nette de 6 %. Nous visons une croissance de 8 % pour 2015.
Comment ? Quels sont les leviers qui ont été actionnés ?
Depuis 2010, j'ai mis en place plusieurs plans d'action. Nous avons investi 550.000€ dans l'outil de production, afin de revenir dans la course au niveau compétitivité. La productivité a bien progressé puisqu'on fait aujourd'hui à 16 ce qu'on faisait avant à 19. Nous avons travaillé fortement sur l'amélioration de notre performance industrielle, nous avions encore des méthodes de travail archaïques. Et puis, côté commercial, nous avons renforcé nos services avec plus de réactivité et plus de proximité. Cette démarche a porté ses fruits. En 2011, 67 % de nos clients se disaient satisfaits. En 2014, c'était 98 % !
Votre famille détient entièrement l'entreprise depuis 2007. Quand vous êtes arrivé aux commandes en 2009, c'était pour du management de transition sur une période de trois mois. Et puis finalement, vous êtes resté...
Oui je suis resté parce que cette entreprise avait beaucoup de potentiels. Elle ronronnait depuis des dizaines d'années. Aujourd'hui, cette entreprise est en complète mutation.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Dans une entreprise, je considère qu'il y a trois risques principaux. Le risque commercial, le risque industriel et le risque lié au personnel. Nous avons bien travaillé sur les deux premiers points. Nous allons désormais nous attaquer au dernier. Dans les petites entreprises, ce risque-là est majeur car il suffit d'une absence ou d'un départ pour déstabiliser toute la production. J'ai donc décidé de lancer un plan dédié aux ressources humaines que j'ai baptisé ARC, pour Autonomes, Responsables et Confiants. La formation, c'est ma passion alors j'ai passé de nombreuses heures à élaborer les modules.
En quoi consiste ce plan ?
J'ai globalement du personnel peu qualifié, je veux absolument que mes salariés montent en compétence afin de devenir plus polyvalents et plus à l'aise avec nos nouveaux outils. Il faut que chacun se sente responsable du produit final livré au client. Et puis, je veux leur donner confiance en eux, qu'ils n'aient pas peur d'évoluer et de prendre des initiatives. Ils ont déjà fait un beau bout de chemin depuis mon arrivée, il faut qu'on continue. Ce n'est pas de l'humanitaire. C'est bien pour les salariés mais c'est surtout très bien pour l'entreprise.
FGT
(Saint-Étienne) Dirigeant : Nicolas Faure 16 salariés CA 2014 : 1,7 M€ www.fgt.fr