Temex : La relance après les turbulences

Temex : La relance après les turbulences

Placée en procédure de sauvegarde en 2007, Temex a su se réorganiser et aller de l'avant. Aujourd'hui recentrée sur la conception d'oscillateurs à très hautes fréquences pour les industries militaires et spatiales, la société sophipolitaine prépare une levée de fonds.

Ce printemps, Guy Perrot voulait marquer le coup. Le P-dg a tenu à ce que Temex soit représentée au Salon du Bourget. «Nous n'étions pas présents à la précédente édition, voilà deux ans... une absence qui était un réel problème pour moi.» La 100e édition de cet événement à la fois professionnel et grand public fut donc cette année l'occasion de montrer qu'il fallait encore compter avec sa société. Le Bourget... Un moyen de s'afficher, auprès des fournisseurs, comme des clients. Car après avoir traversé de sérieuses turbulences, Temex doit aujourd'hui soigner son image.




Une branche à couper

Forte d'un savoir-faire de plus de trente ans, la société sophipolitaine disposait début 2006 d'un solide chiffre d'affaires - plus de 40millions d'euros - réalisé à plus de 70% dans les télécoms... Une activité qui a failli couler l'entreprise. «Les grands noms du secteur comme Nokia ou Sony-Ericsson nous ont soudain demandé de baisser nosprixde près de 40%» raconte Guy Perrot. Mission impossible pour l'entreprise, qui conçoit et réalise sur la technopole azuréenne du matériel télécom, son activité ?spatial et militaire ?étant effectuée sur son site de Troyes. Résultat: «Des gros clients comme Nokia se sont tournés vers des fournisseurs chinois». La branche Télécom n'est plus viable, et le patron d'alors, Jean-Yves Courtois, tente de chercher un repreneur pour cette activité. En vain. Guy Perrot se souvient: «Les acquéreurs potentiels étaient confrontés aux mêmes contraintes». Décision est prise d'arrêter cette activité et d'engager un plan de sauvegarde de l'emploi: en un an, l'effectif de la société diminue d'une centaine de personnes et le chiffre d'affaires est ramené à une quinzaine de millions d'euros. «Mais le temps de réaliser ces opérations, les dettes se sont accumulées et Jean-Yves Courtois n'a eu d'autre choix que de placer l'entreprise sous procédure de sauvegarde en février2007» explique Guy Perrot. Cette disposition, créée en 2005, permet notamment de geler les créances d'une entreprise en difficulté. «J'ai ensuite tâché de réorganiser l'entreprise: donner un sens et une réalité à nos implantations de Sophia Antipolis et de Troyes, avec un rôle clair et précis pour chacune de ces deux entités, qui vivaient mal ensemble et ne possédaient pas la même culture.» À Sophia Antipolis, siège social de l'entreprise, est installé le pôle de recherche et d'innovation. Le développement et la fabrication des produits sont réalisés à Troyes. Le tout en recentrant le coeur de métier de Temex sur les oscillateurs de fréquence à très haute pureté spectrale pour les industries militaires et spatiales. Aujourd'hui, «nos comptes sont à l'équilibre, le seuil de rentabilité est atteint» certifie son P-dg.




Levée de fonds en vue

Une fois les turbulences passées, Temex se tourne vers l'avenir. Son site de Sophia Antipolis vient de mettre au point un oscillateur de type SAW, «révolutionnaire, spécialement conçu pour des équipements utilisés en conditions extrêmes.» Un produit par exemple destiné aux avions de combat, puisqu'il permet notamment «une meilleure détection des cibles ayant une signature radar faible». Temex va également s'attaquer à de nouveaux marchés: «Nous allons nous positionner sur le marché américain, difficile d'accès car couvert par certaines mesures protectionnistes, mais qui représente 50% du marché mondial!» annonce Guy Perrot. Et pour se donner les moyens de «rebondir complètement», le capital de la société devrait être ouvert sous peu à de nouveaux investisseurs. «Le principal actionnaire, actuellement une structure familiale, est prêt à laisser un fonds d'investissement devenir majoritaire» confie le dirigeant. Quelques millions d'euros pourraient être ainsi levés. De quoi «investir en moyens de production, en recherche, achever la réorganisation de notre force commerciale...» et mettre tous les atouts de son côté!